FREAKS !

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MessageSujet: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Dim 25 Fév - 19:48

Il y a quelques notes qui flottent dans l’air, tout doucement. Bercées par le vent et étouffées par la ville et ses cris urbains, tu parviens à suivre le chemin sonore. Tes pas sont guidés, loin d’être las et hésitants. Il ne te fallait qu’un peu de musique pour réveiller ta poitrine. Elle tambourine, un peu plus à chaque mètre passés.
Ton périple s’arrête à la limite de Vermouth. Tes chaussures quittent le bitume abimé pour un sol terreux et sans ressources. Le sable et la crasse viennent s’écraser sur ton manteau blanc. Dans un écho sans cesse plus proche, tu reconnais une mélodie qui ravive des souvenirs du passé.

C’est ici, au beau milieu du squelette d’une ancienne usine, qu’un grand piano à queue avait élu domicile. Tu n’en savais rien. À vrai dire, ce n’est pas dans ce quartier que tu apprécies faire de longues balades quand ton emploi du temps te l’accorde. Et à Dedale, tu oses penser que tout est possible - même trouver un étranger jouant quelques notes sur un piano au beau milieu d’un chaos d’acier et de sable.

Tu restes à l’abri de son regard, dans l’ombre d’une colonne. Tu songes à rester ici jusqu’à ce qu’il termine sa mélodie et partir sans rien dire, juste en ayant la satisfaction d’avoir entendu quelque chose de beau aujourd’hui.
Malgré tout ton amour pour la musique, tu n’as jamais eu le don pour exercer cette discipline. Alors tu t’es toujours délecté du talent des autres, avec un mélange amer de jalousie et de fascination.

Tout à coup, le bruit sourd d’un parpaing te fait hurler de peur et tomber en arrière - un peu plus et c’était sur ta tête ! Tu es sale, au bord de l’arrêt cardiaque et, qui plus est, repéré.
Tu époussettes sans grand espoir ton vêtement en te relevant - tu devrais sincèrement penser à t’habiller en noir.

« Mince, moi qui voulais me faire discret, hahaha. »

Tu t’approches un peu plus du jeune homme et en discerne enfin les traits. Il est incroyablement joli, si bien que cela t’ôte les mots de la bouche un court instant.
Tu éclaircis ta gorge et te reprends tant bien que mal.

« Vous- Euhm. Maintenant que j’y suis. C’était magnifique. Vous pourriez… rejouer ? Ça fait vraiment longtemps que je n’avais pas autant apprécié un peu de musique. »


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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Dim 25 Fév - 22:56
Le jour décline sur la ville et sur mon cœur, invitant des nuits stériles et centenaires à graver de longues minutes d’insanités délétères.

Sur ma peau, sur mes os.

Des songes abstraits, pâles reflets d’envies mortes nées. Je me sens un instant prisonnier de ma peau, comme un oiseau dont aurait un jour coupé les ailes. Et qu’importe, qu’importe que je sois beau et que la lune, jalouse, fasse scintiller plus fort ses enfants pour que je me retrouve noyé. Qu’importe vraiment, puisque même cela ne suffit pas à me consoler et je me sens incroyablement.

Frustré et perdu aussi, dans un monde où les règles et les codes m’échappent. Il était une fois un roi divin, privé de son royaume, de son titre et de ses privilèges. Il était une fois encore un exile forcé, sur une terre de roc et d’acier. Plus absurde et abrupte encore que l’univers, qui fait, défait, des millénaires de vies, sans jamais se soucier des maux terribles qu’il peut bien infliger. Dépossédé de ma couronne, de mon trône, un sceptre inutile comme le trophée d’une gloire passée. Je suis…

Non j’étais. Celui qu’il fallait craindre la nuit, qui faisait trembler et qui fascinait, les petites gens bien heureux qui rêvaient peut-être, peut-être que leur misérable vie prenne un  tournant… significatif. Et maintenant, maintenant que je suis dans la ville des monstres et qu’on ne me reconnaît plus alors je me sens.

D’humeur instable, comme si le manque se voyait à présent sur mon visage, sur ma peau et la lune, la lune qui continue de se rire de moi, ses pâles rayons lunaires cherchant ma peau pour que le monde puisse voir enfin comme.

Je m’écroule, mais je résiste, je persiste même, alors que la nuit me susurre que c’est le moment idéal, tu sais, tu sais, tu sais. Je souffle. J’ai besoin de rester seul et d’essayer, un peu, peut-être… Mais non. Je pourrais suivre d’autres ombres qui comme moi rôdent la nuit et qui ne savent pas que moi aussi je suis…

Hélas, hélas, hélas, trois fois hélas, c’est imprudent, tellement imprudent. Peut-être qu’elle a de plus grandes dents, de plus longues griffes, qu’elle dépérit de trouver de quoi se sustenter. Alors je bifurque, j’accélère le pas et je m’isole quelque part. Un endroit que je connais bien et j’ai rêvé, imaginé aussi, comme il serait facile d’y emmener quelqu’un, d’en recueillir les derniers battements, pour moi, pour moi, rien que pour moi et.

Je suis un virtuose, j’en ai conscience, une sorte d’artiste dont on ne peut qu’admirer la dextérité et la finesse. Et de la même manière que j’effleurerai un corps, je presse les touches de bois. Lent et mesuré, un Clair de lune qui n’a rien à envier à celui du dehors. Et je redeviens cet instant le roi, du monde et un peu de cet univers particulier, désaffecté. Ou du moins je le crois sincèrement, puisque j’arrive à esquisser un semblant de sourire qui fait de moi une nouvelle fois le plus beau… Et puis…

Un bruit sourd, mes doigts appuient lourdement sur les touches comme je suis surpris. Je m’arrête et  j’attends finalement, tournant la tête lentement, peut-être trop pour apercevoir un visage. Quelconque, je crois, mais je crois que le reste du monde l’est. Je plisse les yeux et j’observe, des cheveux blonds et la peau blafarde rehaussée par un peu de crasse et de poussière. J’étudie l’endroit et je sais qu’à la ceinture il me reste quelque chose de tranchant et comme je suis le roi, qui m’en empêcherait, peut-être toi, je ne sais pas, je n’aime pas jouer. Jouer, jouer je pourrai, un peu, rien qu’un peu.

Les opportunistes. Un peu comme toi. Je détourne le regard et je fixe de nouveau le clavier. Bien sûr que c’était magnifique, mais je suis presque heureux que tu sois capable de le dire. Alors je hausse les épaules et je tapote le place à côté de moi sur le banc.

- Debussy. Je recommence alors, premier accord de la main gauche. Est-ce que tu aimes Debussy ? Et maintenant que je t’imagine proche, je sais que je pourrai peut-être atteindre ton cou. Mais pas maintenant, pas maintenant. Ou alors lui préfères-tu Chopin. Et mon Clair de Lune se transforme en Nocturne et je crois que je le joue plus lentement que je ne le devrais, mais qu’importe, qu’importe. La nuit est là, nouvelle et spectrale et il reste beaucoup d’heures avant que le jour ne vienne tout emporter.
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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Lun 26 Fév - 16:52

Tu ne réponds rien. Tu te délectes des notes comme le dernier repas d’un condamné à mort. Mais n’en es-tu pas un, finalement ? Tu ne souris pas, ton expression est froide comme de la glace. Tu abandonnes tes émotions pour les intérioriser, les laisser elles-même se délecter de l’instant dans un millier de saveurs sonores.
Tu fermes les yeux et lèves la tête vers le ciel, embrasses la lune qui passe son bras de lumière nocturne au travers de la bâtisse. À vrai dire, peu importe le compositeur. Depuis que tu es à Dedale, tu es prêt à donner n’importe quoi pour entendre un peu de Debussy, Chopin, Pachelbel, Beethoven, Prokofiev, en passant par Tchaikovsky, Mozart, Bach ou Vivaldi. Tu te reposes contre le piano un instant. Il n’y a plus rien que la musique et son écho incessant pendant quelques minutes.

« Merci. »

Finis-tu par conclure.
Alors, quoi, maintenant ? Partir, sans rien dire ? N’en faire qu’un souvenir ?
Il n’y avait pas grand chose à faire à part cela. Tu n’as confiance en personne, les amis les amants. Peut-être en les ennemis, car ce sont les seuls qui s’affirme dans leur haine sans une once d’hypocrisie. Ceux avec qui on sait qu’on ne peut pas dormir tranquillement.

« Je n’ai jamais réussi à jouer. Je ne suis pas né avec ce don. Alors ça me fait plaisir de trouver quelqu’un qui l’a, accompagné d’un piano au beau milieu du chaos.
C’est presque poétique.
 »

Tu ris, doucement.

« Vous êtes humain, n’est-ce pas ? »

Tu t’accoudes et te penches vers lui.

« Mais est-ce que je dois me méfier de vous ? Est-ce ces doigts tuent aussi bien qu’ils ne jouent ? Dites moi. »



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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Lun 26 Fév - 21:38
Après une dernière note je souffle, je lève les mains et je les dépose sur le banc pour m'y appuyer. Je plisse les yeux et je tourne la tête une nouvelle fois. Lentement, très lentement pour te voir. Ma première impression était la bonne. Tu as bien les cheveux blonds. La peau pâle bien plus poussiéreuse que je ne le pensais de prime abord. Des yeux bleus qui manquent de vie. Étrange, plus qu'étrange. J'ai déjà rencontré des morts plus chaleureux. Je perds un peu l'envie de tordre le cou, car ce que j'aime c’est saisir un dernier souffle, alanguis.

D’un corps qui lutte et qui supplie qu’on lui accorde ne serait-ce qu'une toute dernière chance. Mais toi, toi, tu ressembles plus sûrement aux spectres que toute incarnation maladroite de fantôme. Et tu ne m'accorde rien d’autre qu'un merci qui ne redonnera certainement pas d'éclat à la nuit. Une nuit pâlotte et sans saveur qui ne fait que repousser l’inéluctable obscurité.

Je lève les yeux au ciel pour vérifier que la lune ne s’est pas incarnée cette nuit. Peut-être que tu es un simple esthète, ou encore mécène à tes heures perdues. Et que c’est cet amour singulier pour l'art que tu t’es perdu jusqu’ici. Et puis, tu demandes ce que je ne sais pas, moi-même. On m'a énormément qualifié. D'hideux à sublime. Divin peut-être. Humain ? Jamais, je pense et il est étrange que personne ne l'ait jamais fait, tu sais.

Humain, humain, simplement humain. Sans jugement, une simple vérité qui ne fait ni de bien. Ni de mal. Insignifiante réalité. J'esquisse un sourire. Je crois qu’il est bien trop tard pour moi. Et je suis, je suis, je suis, d’une complexité folle et d'une inconcevable simplicité. Je baisse la tête de nouveau et je te fixe.

Tu chuchotes presque comme pour me confier un secret. Sauf que c’est le mien que tu souhaites entendre, une autre vérité plus glaçante que tes deux opalines. Je repose mes deux mains sur le piano pour jouer les quatre premières mesures d’un requiem de Mozart.

– Ne serait-ce pas à moi de me méfier ? Tu surgis de nulle part. Tu pourrais être un spectre.

J'étire mes doigts lentement et je me demande si tous les êtres que l'on envoie ici ne le sont pas. Des fantômes de chair et de sang.

Et si tes mains n’étaient pas si maladroites, seraient-elles capables de tuer ? Ou peut-être que tu mens. Et que tu es un artiste, toi aussi. Et que tu aimes saisir les derniers souffles, toi aussi. Je me penche à mon tour pour demander : Est-ce que tu sais toi, ce que cela signifie, être humain ? Parce que moi j'ai oublié.

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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Lun 26 Fév - 22:29

Le doute plane au-dessus mais ne s’évapore pas. Ce n’est pas juste une poussière qui virevolte guidée parle vent, c’est tout l’air. Tout ce qui vous entoure, tout ce qui vous anime, vous fait survivre.
Il pose les bonnes questions sans répondre aux tiennes - malin. Tu souris, amusé. Peut-être que de vous deux, tu es véritablement le plus suspect. Celui qui observe, attend, qui ne peut fuir, qui se tient là, debout, sans se présenter, dans un silence presque religieux.
Tu l’admets, tu es le plus louche. Mais tuer, ce n’est pas ton truc. Ça demande trop d’efforts, avant, pendant et après. Il faut se préparer psychologiquement, utilisé la force de ses bras et ne pas avoir peur de se salir, se nettoyer pendant des heures et vivre avec le souvenir d’un regard qui s’éteint.
Non, très peu pour toi. À moins que ça soit le futur qui t’attend à Dedale. On doit s’attendre à tout ici.

« Je n’ai jamais dit être maladroit. »

Et tu t’enfonces un peu plus. Mais s’il était véritablement effrayé par ta présence, il n’aurait pas pris le temps de pianoter un peu plus. Ni de te répondre. Ni même de te regarder. Ou sans doute sait-il qu’il gagnerait si jamais tu tenterais de t’attaquer à lui.

Puis il s’arrête, à nouveau, et te pose une question qui te fait pencher la tête - comme pour trouver la réponse au fin fond de ton crâne. En vain. Qu’est-ce que cela signifie être humain ?

« Personne ne le sait. Personne ne le saura. »

Si tu n’es pas un tueur, tu es en revanche un observateur. Bien loin d’être acteur, tu as passé des années de ta vie à regarder et analyser. À n’appartenir qu’au décor. Juste un fantôme, dans le fond de la pièce.

« Et je pense que nous passons trop de temps à essayer de trouver une réponse à cette question alors qu’il n’y en a peut-être pas. »

Tu hausses les épaules.

« Mais sur Dedale, j’imagine que cela signifie survivre ou crever. »

Tu recules d’un pas et t’accordes un coup d’oeil vers la lune, votre seul témoin.

« Vous avez déjà pensé à rejoindre l’autre côté de la barrière ? Je veux dire. Devenir l’un d’eux. »


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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Mar 27 Fév - 16:02
Mon doigt accroche un mi quand je me détourne du piano, je plisse les yeux, un instant amusé. Peut-être que l'ignorance est la meilleure solution après-tout. Bien loin des réponses théologiques, scientifiques ou philosophiques. Exile de la raison, des navire d'incertitudes qui n’arrivent jamais à bon port. C’est à n'y rien comprendre après-tout.

Survivre ou mourir. Je n’aime pas me dire que c'est tout ce qu'il nous reste ici. Que l'on m'accorde à moi. J'ai tant imaginé cette liberté et je ne sais déjà plus quoi en faire. Ou peut-être que je n’ai jamais véritablement su.

De la même manière que je suis persuadé que je pourrai trancher ce cou que tu offres à la lune. C’est une possibilité, il me suffirait de réduire l'espace qui nous sépare. De poser mes doigts tout contre ton menton. Je calerai ma joue contre ta tempe, et j’enroulerai mon bras autour de tes hanches. Et puis de l'autre j'entaillerai ta chair.

Comme je sais que je n’en ferai rien. Pour une raison qui ne m’échappe pourtant pas. Je n'aime rien faire dans la précipitation. Je ne suis pas si désespéré. Et si je devais faire quelque chose alors je prendrai le temps d’y penser. D'y mettre l'intention et la forme. Que tu ne demeures jamais un inconnu éternel et que je puisse y repenser. Quand il ne me restera plus rien.

À rêver d’autres nuits stériles. Je soupire et je me mets à rire, parce que c’est assez grotesque. Que moi, moi, m o i, Beau, je ne rêve de devenir quelqu’un d’autre tant je me pense. Parfait. Et alors ta question me semble que saugrenue. Et ce n'est pas ta faute. Peut-être que c’est pour te rassurer toi. Je ne sais pas.

– Moi je pense qu'il n'y a pas de barrière. Qu'une transformation, n'est pas une transfiguration.

Je me suis alors levé et, comme j'ai dit que je ne le ferai pas
J’ai.

Enroulé mon bras autour de tes hanches et.
Commencé à chuchoter l'air du Clair de lune et.
Levé ma main libre, lentement, trop lentement et.
Déposé ma pommette contre ta tempe et.
Esquissé quelque chose de dangereux, de définitif et.

Et surtout je n’ai jamais eu les mains maladroites.



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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Mar 27 Fév - 20:50

Quand il t’attrape, comme ça, comme un rat, comme une poussière, comme une insignifiante petite chose, tu t’arrêtes de respirer. Peut-être que ton coeur loupe un battement ou se stoppe. Tu n’entends plus rien si ce n’est qu’un souffle chaud et désagréable contre ton oreille. D’abord, tu ne résistes pas. Tu ne paniques pas non plus. Tu n’as pas vraiment peur, tu es peut-être juste un peu déçu. Tuer pour survivre est également une règle - mais tu ne l’as jamais appliqué, trop effrayé de ne pouvoir dormir le soir avec ces yeux qui vous regardent sans relâche.
Ce soir, tu ne veux pas tuer non plus. Surtout pas ces mains magiques. Ce serait du gâchis. Un vrai gâchis.

Pourtant, ton instinct de survie te pousse à penser le contraire. Que c’est ce soir. Ou jamais. Il n’y pas d’étreintes pleines de bonnes intentions à Dedale.

Tu pends à son bras, y dépose tout ton poids pour au moins échapper au contact de son visage. Tu voudrais lui bégayer de te laisser tranquille, de te lâcher, mais tu n’arrives pas à faire semblant. C’est peut-être la Lune. Peut-être que toi aussi, tu es une bête nocturne. Mentir au Soleil, honnête à la Lune.

Tu glisses une main dans le pan de ton manteau et montre quelque chose qui ressemble sans nul doute au manche d’une arme à feu. Puis, tout doucement, tu murmures :

« Vous ne voulez pas en finir ici. »

Tu souris.
Puis, silence.
Rien.
Juste l’air froid de la nuit, et une réflexion qui s’offre à vous.



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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Mar 27 Fév - 21:55
Musique ••• Et je ne t’ai pas tué. C’est vrai. J'aurais pu le faire, mais tout aurait été plus rapide. Tu te balancerais déjà entre l’oubli et le trépas, le regard bleu défiant le néant de venir t’arracher à moi. Moi. Moi. Moi. J'en aurais été désappointé. Déçu de ma propre action, parce que ce que j’aime moi, c'est de la voir dans les yeux des autres, mon propre reflet, sublimé. S’il te plaît. S’il te plaît. S’il te plaît. Ce serait tellement du gâchis. Tu ne crois pas ?

Mon souffle s'égare contre l'ivoire de ta peau et j'attends. Un signe. S’il te plaît. Un geste. Ne me fait pas. Une parole. Faire cela. N'importe quoi.

Nouveau souffle un peu haletant c’est vrai. C'est vrai. Tu débats, finalement, finalement, finalement. J'esquisse un sourire et mes doigts essaient de saisir ta gorge pour mieux souligner la jolie estafilade imaginaire que je t’ai fait.

Et tu ne supplies pas, toi ne fais rien de ce qu’ils font lorsqu’ils en ont l’occasion. Me demander un sursis. Une occasion de défier la mort. Encore une fois. Une dernière fois. Tu es si calme, très honnêtement j’en suis vraiment superbement médusé. Alors j’esquisse un sourire encore, mais amusé, qui laisse place à une nouvelle hilarité. Surtout quand tu attires mon regard sur une arme à feu. C’est vulgaire et dénué de classe, mais tout aussi efficace. Et voyons, je suppose que pour jouer le jeu je devrai vraiment sortir mon couteau.

– Oh, vraiment ?


Je te laisse repartir après un autre rire et j’expire cette fois pour reprendre mon souffle. Je te contourne, récupères ton poignet, celui qui tient l’arme, pour en pointer le canon contre mon sternum.

– Et qu’est-ce que tu crois savoir de moi exactement.

Je te défie du regard.

– Je suis un artiste. Et qu'importe ce que tu penses ce ne serait pas ainsi que je procéderai. Avec toi ou un autre.

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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Mar 27 Fév - 22:09

Par ton apparence chétive, ta voix glissante, tes yeux vitreux, ta peau de lait, tu as toujours été la victime idéale. Celle facile à manipuler, celle qu’on effraie avec un boo, celle qu’on emmène dans les coins sombres pour rigoler un peu. Ici ou ailleurs, c’est une histoire qui se répète, sans cesse. Mais tu es fatigué.
Fatigué d’être le dernier maillon de la chaîne.
D’être le tiré et pas le tyran.  

Tu le sens joueur, malicieux. Tu te prêtes au jeu, tu ne fléchis pas les genoux. Tu t’efforces de ne pas trembler, de ne pas avoir peur et plus tu te le convaincs, plus tu y crois. L’aura charismatique du virtuose devient sombre, épaisse, dangereuse. Ce qu’elle cache pourrait être aussi magnifique qu’hideuse mais tu ne prendras pas le risque de le vérifier.

Il semble si sûr de lui, de qui il est, de ce qu’il fait, de ce qu’il peut faire. Mais il parle beaucoup. Trop, en fait. Bien trop pour un humain planté sur une île au milieu d’une horde de loups.
Mais si les agneaux finissent eux-même par s’entretuer, que restera-t-il de notre monde ?

Il attrape ta main, doucement et fermement à la fois. Le canon s’appuie contre sa poitrine et il ne bouge pas. Si sûr, si sûr. C’est vraiment trop drôle.

Mais ce n’est pas un beau film.
Ni un livre où vous êtes tous les deux des héros.

Alors tu te dégages de son emprise et tu tires en plein dans son épaule.

Bam.

Tu ne sais pas si c’est le bruit de l’arme ou d’un os qui se brise, mais ton corps en frémit. L’adrénaline montre, trop vite. Tu as peur. Encore. Mais tu la caches, précieusement. Car ce serait ton premier faux pas.

« Ne jouez pas avec moi. »

Tu ris.

« J’aurais pu le dire sans tirer pour vous prévenir, mais vous ne m’auriez pas cru. »

Et qu’est-ce que tu as provoqué ?

Sans doute quelque chose de monstrueux.



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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Mar 27 Fév - 23:20
Problème d'égo ou tentative désespérée de retrouver un semblant d’autorité. Je ne sais plus ce qui me pousse à agir et à ne pas le faire. Je souffre peut-être un peu de ce qui ne tourne plus rond dans ma vie et dans cette ville. Je n'ai pas d'excuse à formuler. Rien de bien intelligible qu’un râle douloureux.

Bruyant. Absolument vulgaire et sans aucune classe, c’est vrai, c’est vrai. Je ferme les paupières un instant. C'est douloureux. Incroyable. Plus lassé que je ne devrais l'être réellement. J'imagine que c'est ce qui arrive quand je ne suis pas celui qui tient l'arme. Je détourne le regard pour observer ma propre épaule. Saigner. Saigner. Saigner. Souffrir. Ah. C'est incroyablement embêtant. De jolies chemises comme ça, on en trouve très peu. Ici. Ici.

C’est un peu l’enfer. Ou alors ce qui s'en rapproche le plus. Une décharge humaine avant le purgatoire. Et je ne pense pas à ceux qui le composent. Et je ne me dis pas que même les humains d’ici sont dangereux. Ah. J'étouffe une plainte et je me dis qu'il faudra que je me donne la peine, vraiment, pour y parvenir une nouvelle fois. Encore une fois. Et le coup a sans doute brûlé le contour de la plaie. Je lève ma main.

Je pense que tu mériterais que je t’extirpe les yeux . Un à un. Et que je les gardes pour me rappeler qu’un jour. Une nuit. Tu es devenu le bras armé de la lune et, jalouse comme elle est, elle m'a égratignée.

Mon index se glisserait sous ta paupière et l’ongle cherchant à égratigner je ne sais quel nerf. Mais regarde. Regarde. Regarde. Ce que tu. As fait. Je geins une nouvelle fois.

– Ce ne sont peut-être pas tes mains qui sont maladroites. Mais tes intentions. Vulgaires. Combien de temps nous reste-t-il. Penses-tu ? J'abaisse ma tête brutalement pour donner un coup brutal sur ton front. Ils aiment le sang. Vivent la nuit. Ce sont des ? J'expire. Encore. Et si je ris, c'est que je conçois difficilement la fin de la nuit. Ma nuit. Il reste tellement de temps avant l’aube. Tellement. Peut-être que ça doit se terminer ici. J'essaie de bouger mon bras blessé, mais je n'y arrive pas. À la place je récupère un peu de sang sur mes doigts pour souligner ta pommette.

C'est vrai. Toi tu n'es pas blessé. Peut-être qu’ils te laisseront en paix. Ce serait dommage. Je ne recule pas. Ni ne te tourne le dos. Qu'est-ce que tu pourrais faire de pire. De pire. De pire. Tu n'es pas un artiste et tu m'as volé un peu de mon art, ce soir. Alors tu pourrais m'assommer et me laisser là. À leur merci. M’achever ? Ah. vraiment. Je cherche des yeux sur mon bras. Quelque chose à offrir. Une promesse qui dirait que la prochaine fois je te tuerai.

- Leur demanderas-tu la même chose qu'à moi ? De ne pas jouer avec toi ? Je ris, mais je n'ai pas vraiment le cœur à ça. Ah. Regarde ce que tu as fait. Je ne peux même plus jouer. Je te fixe.

Deux jolies iris que j'écraserai sous ma semelle.

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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Mer 28 Fév - 1:48

musique - Mais qu’est-ce que tu as fait ?
Le bien ?
Le mal ?
Survivre ou crever ?

Tu t’tiens droit alors que tes actes ne le mériteraient pas. Tu sais que ta place est à terre à ramper comme un insecte, un moins de rien. Toi le sale vorace, le sale gamin méfiant, parano, malade, solitaire jusqu’à la fin.

We’ll never get free
Lamb to the slaughter


Le pauvre agneau s’inquiète des loups pouvant venir à leur merci mais toi, toi tu n’as rien à craindre, n’est-ce pas ? Ton sang ne coule pas et tu as encore deux jambes pour courir, deux bras pour te battre et une tête pour réfléchir.
Vous n’avez peut-être plus beaucoup de temps pour déguster cette nuit autour de quelques nouvelles notes musicales. Il serait temps de partir mais tu lui accordes quelques minutes en plus pour parler. Toujours parler. C’est intéressant. Tu n’aimes pas tirer sans entendre. Ni faire comme si c’était si simple. Comme dire bonjour, comme dire au revoir, comme dire je t’aime, comme dire je te hais.

La déception est palpable et ta satisfaction n’en est que plus grande. Tu ne cesses de te convaincre que c’était la meilleure issue. Le tuer n’est pas sur ta liste. Tu ne veux pas tuer, pas comme ça, maintenant. Il y a des choses à faire avant. Des choses à entendre. Des choses à voir.

Son sang te coule sur le visage comme une seule larme. Une larme de non-regret.

« Non. »

Affirmes-tu.

« Je ne perdrai pas de temps à leur expliquer. »

Tu tiens ton arme, ne baisses jamais ta garde.

« Y a quelque chose dans vos yeux. Vous savez, la lueur d’une lame. Elle contraste avec la douceur de vos gestes. Et vos mots, ils sont tellement légers et doux qu’on ne peut y croire. Pas ici. »

Tu hausses les épaules.

« Ou peut-être que tout ça était un simple malentendu. Qu’est-ce que vous en pensez ? »

Sourire.


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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Mer 28 Fév - 3:06

J’étire un peu ma nuque, je me demande si nous les entendrons arriver. Enfin je. J'imagine que tu ne resteras pas pour le spectacle. Qu'au moindre bruissement d’air tu seras déjà parti. Les verras-tu arriver ? Et à ce moment-là te demanderas-tu ce qu’il est en train de se passer ? J'espère que non. J'espère que t'enfonceras dans les ténèbres et que tu deviendras l’une de ses ombres. Comme des nuits sans lunes éternelles. Étourdissantes. Sans nul doute ou alors c’est moi.

Je souffle. Il ne reste plus assez de temps et portant pourtant, le matin est toujours loin. Peut-être que le vacarme a attiré d’autres loups. Mais j’aime à penser que l’étincelle dans mon regard que tu as su apercevoir n’était ni vaine ni pitoyable. Et si tu sais le voir alors peut-être que finalement tu as le potentiel de ces artistes gâchés. Je ne sais.

C'est ce qu’on attend de moi. Parce que je suis Beau.

Que s’il n'y avait pas tout cet enrobage de douceur, même les plus dissipés prendraient la fuite et plus personne ne prendrait le temps de m’admirer. Comme je le méritais. Le mensonge c’est tout ce qu’il reste et ce qu’il me restera. Comme il te reste ton air juvénile d’un être qui n'a jamais péché.

– Oh. C'est peut-être ça. Je hoche la tête et je désigne ton visage du menton. Ce qui fait de nous des êtres humains. Nous mentons. Nous dissimulons. Nous trompons. Avec beaucoup de complaisance. Et de suffisance aussi. Aussi. Aussi. Stupide égo qu'il me ferait tellement de mal d'égratigner.

Il n'y a pas de malentendu ou d'erreur. Juste, juste, juste, la peur, la fierté, le manque, l'adrénaline et … Le vide. Celui qui se loge dans tes rétines. Qui s’infiltre dans les miennes. Je désigne le piano de la paume.

Me prêteras-tu ta main droite. Je te montrerai les accords.



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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Jeu 1 Mar - 22:03

musique - Être beau ne suffit pas. Pas en foulant les terres sanglantes de Dedale. Être beau ne veut pas dire vaincre. Être beau ne veut pas dire survivre. Beau est quelque chose d’éphémère et de personnel. Beau est une minute dans une vie, et c’est bien tout.
Tes pieds restent plantés au sol tandis qu’il t’invite à participer à une dernière mélodie. Une musique à trois mains. Ses yeux ne cessent de se dénuer de sens et de sentiments. Ses yeux n’ont pas l’air humain. Deux vitraux, vides, sans couleurs, sans vie. Tu arrives même à te demander s’il est humain, s’il est vivant, s’il est ici, là, face à toi. Si tu lui as vraiment tirer dans l’épaule, s’il te parle et s’il t’entend. Sa peau est si propre, ses cils si longs et ses cheveux si propres.
Mais le sang séchant sur ta joue n’est que le témoin d’une réalité indéniable.

En revanche, les cris affamés au loin eux, ne sont ni une illusion, ni une rêverie. Ils sont là, s’approchent. La terre tremble et ton coeur bondit contre ta poitrine. Partir, l’abandonner, ça semble si simple. Pourtant tes jambes bougent à peine et tu ne parviens même pas à suivre ton instinct.

« Dans une autre vie, nous aurons peut-être le temps. »

Tu aperçois les restes d’une échelle pendant depuis l’étage supérieure. Tu parviens à t’accrocher à l’une de ses barres pour te hisser à la force de tes bras jusqu’en haut. Vous n’aviez plus le temps de fuir. Il ne vous reste alors qu’une seule solution à vous, humains : vous cacher.
Vous ?

Tu tournes ta tête et le regarde.

« Honnêtement, si vous restez ici vous allez mourir. Mais je vous laisse un autre choix. »

Tu tends ta main vers lui, l’invitant à te suivre.
Ou juste à vivre.

Ce soir non plus, tu n’es pas d’humeur à ôter une vie.



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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Jeu 1 Mar - 23:39
Je soupire que tu ne daigne pas m’accorder ce que je veux. La mort n'est qu’une vague amante, après tout. Et s’il faut que je parte. Ne serait-ce pas là la plus jolie des scènes ? Et qu’importe les grognement, ce qui les fait saliver. Les secondes qui s’étirent et qui s’amusent à grappiller au temps qu'il me reste encore de précieux instant d’éternité. C'est ce que je veux.

Et puis tu t’en va. Ou plutôt tu décides que nous devrions nous en aller. Comme si maintenant tu t'octroyais mon destin entre tes doigts délicats et que tu comprenais que tu avais le pouvoir. Et ce n’est pas là un sursaut d'humanité. Simplement un autre caprice égoïste. Le précédent était plus cruel encore. Vivre. Mourir. Je souffle, comme anesthésié encore insensible au dernier acte qui se profile.

Ils volent. Nous sentent peut-être mieux que des chiens. Et si j’ai un sursaut d’intérêt quand je noue ma main à la tienne,
c'est seulement dû au hasard d'une réalisation dantesque. Te sens-tu miséricordieux ? Et si je meurs malgré tout est-ce que cela t’aidera à dormir la nuit ? Je tire sur ta main, y mets ton mon poids, tu vois. Tu vois ? Comme il serait facile de te faire tomber au sol et de te laisser voir ce qu’ils pourraient faire de moi. J’ai l’épaule engourdie encore et je n'arrive toujours pas à la bouger. L'adrénaline tarde. Peut-être que c’est tout ce qu’il me reste. Une poignée de main. Je ne sais pas si je pourrai monter. Tu as du sectionner un nerf. Et je doute sincèrement que tu puisses me hisser.
Est-ce que tu as peur ? Parce que moi je me sens, plus que jamais, en vie.

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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Ven 2 Mar - 0:56

musique - Tu serres sa main, un peu plus fort et le soulèves vers le haut de l’échelle dans un râle pénible. Tes petits bras découvrent le poids d’un corps humain et tu n’as de cesse de penser qu’un corps mort doit être terriblement plus lourd. Vous n’avez sans doute pas plus de chance en haut qu’en bas mais la perspective de pouvoir vous mettre à l’abri te rassure pour ta survie de demain. Il y a encore tant de choses à voir, tant de choses à vivre. Ah, tu as presque l’impression d’être normal, avec tes désirs et tes rêveries. Même s’il n’y a plus grand chose à découvrir, ni même à constater. Dédale est juste un tombeau de béton.

Il te dit que tu as sans doute sectionner un nerf, ce à quoi tu n’hésites pas à répondre :

« Comme si ça me préoccupait. »

Tu le hisses et, enfin, de toutes tes maigres forces, vous voilà à l’étage. Tu reprends ton souffle, déjà épuisé et suant de tout ton corps. Tu n’as jamais été doté d’une grande force et il te faut recourir à tout ton désespoir pour te prouver le contraire. Qu’en sera-t-il quand il faudra courir ou repousser la bête ?

« Si vous mourrez je me dirai juste tant pis. Que vous n’étiez qu’un bel homme avec une jolie mélodie au beau milieu de la nuit. »

Tu te redresses et regardes autour de toi. Tu constates qu’il y a peu d’endroits derrière lesquels vous pouvez trouver refuge.

« Et qu’eux peuvent voler ou nous sentir, moi je peux leur mettre une balle entre les deux yeux. »

Tu sembles si confiant mais un trémolo dans le fond de ta gorge te trahi. Tu as peur. Un peu. Comme toujours.

En jetant un oeil à la plaie dégoulinante, tu admets que cela révèle du suicide de l’emmener à tes côtés. Comme les pierres du Petit Poucet, ils seront guidés jusqu’au repas. Tu pestes intérieurement, masques ton regret. C’est trop tard.
Ton bras tremble encore de l’effort précédent. Tu regardes ta main, faible.

« Qu’est-ce que vous feriez, si c’étaient les dernières minutes de votre vie ? »

Murmures-tu.



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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Ven 2 Mar - 2:24
Aux derniers instants, regard à l'opium de la nuit. Je me sens infiniment prêt et je-



Défiant les lois de la nature, de la physique, tu parviens à me soustraire à l’inéluctable. Et je me sens fort désappointé. J’avais prépare des vers et des psaumes, de jolis arpèges pour ma dernière représentation. Décidément que tu es ennuyant ! Comme si tu hésitais constamment entre le terrible et le bon. Tu bascule allègrement entre l’un et l’autre et tu dois t'en tirer à chaque avec les honneurs. Et c’est affreusement perturbant. Je me joins néanmoins à l'effort. Je ne peux guère mourir ainsi. Suspendu. Cela n’aurait rien de poétique. Je grimpe les marches une à une.

Finalement nous échouons au deuxième étage. J’inspecte l’endroit. Merveilleux. Nous sommes plus proche encore de la lune, mais l’endroit est d’une affligeante banalité. Et je ne saurais y mourir avec dignité. Je soupire et bien que récalcitrant, je pose les doigts sur l'étui de mon couteau. Absolument affûté.

- Et bien heureusement que je ne suis plus décidé à mourir. Je ne m'aime décidément pas au passé. Et qu’il n'y a rien de bien réjouissant dans la formulation suivante : j'étais beau. J'avise quelques parpaings entassés ça et là. On ne pourra pas vraiment se cacher là. Même si c’est vain, je pense que les affronter est effectivement l'option la plus censée. Je t’écoute distraitement, quand tu sembles trembler d'une terreur palpable. Ou est-ce le frémissement de la mort qui te fait trembler ?

J’avise le pistolet qui m'a blessé précédemment. Je ne m’y connais pas suffisamment en arme à feu pour estimer combien de balle il te reste. Et si tu sauras véritablement t’en servir. Tirer sur une cible inerte ne demande pas de talent particulier.

Il me semble avoir un semblant d'idée lorsque que tu me demandes ce que je ferai s’il me restait effectivement quelques minutes à vivre. Je déboutonne ma chemise :

- C’est pourtant évident.

Et comme je le pressentais c’est affreusement long. Et compliqué. À une seule main. Après quelques secondes perdues, je décide d’en finir brutalement avec les boutons restant. De toute façon, elle est fichue alors un peu plus ou un peu moins... J’arrache des morceaux de tissus plus ou moins propre avec les dents puis je les mets dans mes poches. Et je me tourne vers toi.

- J'appelle un taxi.

Je frotte assidûment ma chemise contre la plaie.

- Je vais placer la chemise quelque part. Pour faire diversion. Un endroit que tu pourrais attendre sans les manquer. À quel point es-tu bon tireur. Et bon sprinter ?

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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Ven 2 Mar - 19:35

musique - C’est pourtant évident.
Tu frémis presque. À l’écoute. Les derniers souhaits des dernières minutes d’un homme sont si significatives, intenses et poétiques. Tu te penches presque vers lui pour l’entendre prononcer la suite de son discours, impatient comme un enfant.

J’appelle un taxi.
Oh.
Tu ne peux pas t’empêcher d’éclater de rire - rire que tu étouffes dans le col de ton manteau.
Mais n’est-ce pas significatif ? Il n’a pas l’intention de mourir ce soir, ni demain.

Puis l’adrénaline monte en flèche. Il suffit d’un regard et quelques mots pour comprendre qu’une course pour votre vie va être nécessaire. Tu n’as jamais été grand sportif et tu oses espérer que la peur de mourir te poussera au-delà de tes limites. Tu hoches la tête et retires le cran de sécurité de ton beretta 92.

Le type s’en va lancer sa chemise par dessus la plateforme. Elle tombe sur le sol aussi doucement qu’une plume et à peines quelques secondes après, tu les entends arriver. Les vampires sont faciles à tuer, tu imagines. Ils ont beau voler, on peut leur échapper facilement. Les zombies affamés aussi. En revanche, les loups sont de vrais prédateurs et leurs sens sont bien trop accrus pour vous permettre de vous écha- et merde.

7 loups garous autour de la chemise. Tu te figes, trembles. Tu tiens ta cible. Mais il suffit d’une balle pour en tuer un, une balle qui vous dévoilera. Tu serres les dents, paniques.

« Je. Merde. »

Tu lèves la tête vers ton compagnon.

« Changement de plan. »

Le son de ta voix suffit pour les alerter. Tu pousses ton acolyte du soir vers l’avant pour l’obliger à courir le plus vite possible. En même temps, tu attrapes ton téléphone et appelle un taxi.

« Envoyez un taxi à la vieille usine à Vermouth. MAINTENANT ! Quoi ? Quinze minutes ? MAIS POURQUOI ? Mais j’en ai rien à foutre du trafic FAITES VOTRE JOB CORRECTEMENT !!?? »

Votre course s’arrête net au rebord d’une fenêtre. Tu peux déjà entendre la meute monter à l’étage en hurlant. Ca sent mauvais pour vous. Au sol, tu aperçois un tas d’ordures. Tu hésites mais tu n’as pas vraiment le choix.

« Vous me remercierez. Peut-être. »

Tu pousses sur son dos nu pour le faire tomber jusqu’en bas. Tes jambes tremblent, mais tu ne tardes pas à le suivre dans sa chute.
L’arrivée aurait pu être moins douloureuse, mais au moins rien de cassé. Le bruit a sans doute alerté vos assaillants mais au moins votre odeur peut disparaître dans cette puanteur. Tu choppes plusieurs sacs pour les mettre au-dessus de vous et en faire une cabane d’odeurs gerbantes.

« Pas de taxi avant une quinzaine de minutes. Comment on fait ? Je ne peux pas tous les abattre. »

Dis-tu à mi voix.


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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Ven 2 Mar - 22:27
Je balance ma chemise sur le sol et j’attends. Trop de secondes les échos de ton rire en arrière plan. J'espère sincèrement que tu sais tirer. Je n'aime pas dépendre des autres, mais j’imagine que je n'ai pas réellement le choix. Finalement je le félicite de ne pas avoir arraché tes yeux. C'est plus difficile de viser aveugle.

Sourire esquissé je me penche en avant pour contempler le spectacle. Oh. Ce ne seront donc pas des vampires, mais des loups. Moi qui pensais qu’ils ne sortaient qu'à la pleine lune. J'espère que les revolvers sont efficaces contre eux.

Sans doute que non puisque tu jures tout. Je soupire, de toute évidence on ne peut que compter sur soi. Je te laisse le bénéfice du doute et je daigne obtempérer. Et je cours, puisque les grognements en arrière semblent dire qu’ils nous ont trouvé. Mourir déchiqueté n'ayant rien de très beau, je me donne du mal pour leur échapper. Je t’entends râler sur la compagnie de taxi. La faute aux embouteillages. Étrange, je trouvais pourtant la nuit calme. Toujours est-il que cela ne s’annonce pas exactement bien. Je dirais même que, je comprends avant toi ce que tu comptes faire. Me faire faire.

– Je préfère les loups-garous fina-

Musique •• Nous tombons. J’ai le réflexe de fermer la bouche, de serrer les dents. De fermer les yeux. Hélas je suis obligé de respirer. Par le nez. Et c'est l'horreur. J'ai entendu quelques racontars parler de tout ce que l'on pouvait trouver à Vermouth. Quelqu’un parfait même de dignité. Je crois bien qu’il s’agit de la mienne et qu’elle gît dans une poubelle.
– Merveilleux. J’ai toujours rêvé d'attraper une septicémie.
Je plisse les yeux et je me demande si quelque chose tourne rond derrière ces deux yeux. Ma plaie doit être pire qu'infectée. Et tu me parles d’un taxi qui arrivera bien trop tard. De cibles que tu ne pourras pas abattre.

– Je propose que tu me coupes le bras qui est déjà en train de pourrir. On leur laisse et le taxi pourra éventuellement arriver à temps.

Et je n’ai même pas l’air de rire. Je suis assez mortifié.

– Ou. Je t'ouvre le ventre maintenant et je t'offre en sacrifice.

Je commence à chercher à ma ceinture mon couteau. Cependant, du fait de notre grande proximité je me rends compte que nos pelvis sont incroyablement proche.

– Content de voir que l'un de nous apprécie l'escapade.

Je ferme les paupières et j'arrive à récupérer mon couteau. Je tente de me tourner un peu, je tente beaucoup trop sans parvenir à quoi que ce soit ce soir et ça m'agace superbement.

- N'est-ce pas l’endroit le plus approprié pour tenir un siège. Une benne à ordure. Vraiment. S’ils s'approchent de là je pourrai lacérer l’un des leurs. Est-ce que les loups se mangent entre eux ? Je demande avec beaucoup trop d’intérêt. Je ne connais rien d’eux ou des autres, je suis resté beaucoup trop longtemps à l'ombre. Je soupire contre ta joue, malgré tout. Je ne sais même plus si j’ai envie de survivre. J'ai déjà beaucoup perdu aujourd’hui. Dont ma chemise.

– Alors. Quelle option tu préfères ?

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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Ven 2 Mar - 23:02

musique - Il te fait part de plusieurs options.
A) Lui couper le bras et s’en servir comme brochette et occuper les loups avec ça.
B) Te sacrifier.

C) Les retourner les uns contre les autres.



Et plus tu y réfléchis, plus tu te dis qu’aucune de ces options n’est la bonne. Tu n’as pas le cran découper le bras de quelqu’un et encore moins de te sacrifier - tu veux vivre, merde. Et tu doutes fortement qu’un loup garou puisse s’attaquer à son semblable juste pour l’appel du sang. Tu pestes.
C’est sans compter ton acolyte qui ne cesse de gesticuler à côté de toi - pour ne pas dire qu’il va jusqu’à se frotter (mais y a de l’idée). Tu serres les dents et essayes de te concentrer. Content de voir que l’un de nous apprécie l’escapade.

« QUOI ?! »

Tu vires au rouge et prends une expression scandalisée. Tu en perds les mots et mets ta main devant ta bouche aussitôt pour te taire. T’es vraiment con quand tu veux, Sixte.
Tu siffles entre tes dents, décidément peu enchanter à l’idée qu’il puisse croire que tu… Enfin.

« C’est mon téléphone, connard ! »

Le téléphone, une valeur sûre depuis 2005. :heyy:

Toujours est-il que tu n’as toujours pas trouvé de solution et que les propositions de ton partenaire sont quelques peu extrêmes. D’autant plus qu’il te soupire contre le visage - chose que tu détestes - et cela a tendance à complètement te déconcentrer.

« Non les loups ne sont pas aussi stupides que les zombies. Et ils sont sept, même si l’un de nous se sacrifie il y aura toujours la moitié pour courir après ce qu’il reste. »

Et il faut dire que vous n’avez plus le temps de réfléchir puisque l’un d’eux s’approche. Tu peux entendre ses pas se rapprocher doucement, son museau frotter la terre à la recherche de viande fraîche. Tout ton corps est en alerte. Tu te cales un peu plus contre le type. Ce serait vraiment une plaie de mourir ainsi, ici, et avec lui. Tu prépares ton arme tandis que les sacs au-dessus de vous se dégagent.
En étant nez à nez avec la bête, tu trembles de tout ton corps. Et pan tu lui cales une balle entre les deux yeux.

Tu restes figé un long instant, à bout de souffle, tandis qu’un frisson glacial remonte le long de ton échine. Tu sais que tu n’as pas le temps de réfléchir à ce que tu viens de faire mais tu n’avais jamais fait ça avant.

Tu cherches tu ne sais quoi dans le regard de l’autre homme. Peut-être un moyen de te rassurer, une approbation.

« On devrait rejoindre la route maintenant. Je crois. »



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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Sam 3 Mar - 3:25
Je sais que je n’ai pas l’air d’être quelqu’un de drôle. Je sais aussi que je n’ai rien d’un boute-en-train, mais toi tu ne sembles pas savoir ce qui est drôle. Ni même comprendre la plaisanterie. Parce que je n’étais pas réellement sérieux. Impossible de sectionner mon bras sans scie. Ou machette à la rigueur. À moins que tu ne la cache comme tu caches avec ton « téléphone ». Je hausse les épaules et j’esquisse sourire.

– Bien sûr. Ton téléphone.

Mais. L'heure n'est pas à la taquinerie et ça je le comprends bien trop lentement. Même si ton exposé de la situation était plutôt clair. Alors quand j’entends des grognements je me tends. De manière incroyablement abstraite. Et concrète. Fort heureusement, j’ai appris à rester calme, ou plutôt je suis toujours très calme, ce qui me permet de ne pas mourir de terreur. Je suis simplement ennuyé à l’idée de devoir mourir dans les ordures. Rendez-moi ma belle mort programmée, près du piano cabossé.
Il s’approche. Nous a sans doute débusqué. J'agrippe plus fermement le manche de mon couteau, je sais que toi aussi tu te prépares. Le doigt sur la gâchette. Je m'en réjouis presque. Presque. Au-dessus de nous il tente de dégager nos tête. Et tant mieux ce sera plus simple pour nous.

Musique sérieuse ••

Pan

Pour toi. Un autre coup de feu entre les deux yeux. Je ne cille pas. Et peut-être que tout ce joue à cet instant. Que ma blessure et notre rencontre prend du sens. Je trouve cela plutôt poétique. Même philosophique. Peut-être que ce matin en te réveillant tu n'étais que toi, insignifiante tête blonde. Mais, maintenant. Maintenant tu es plus. Infiniment plus et c’est toujours fascinant de voir renaître une personne. Je range mon couteau.

Tu sembles encore tétanisé, comme si tu avais peur de réaliser pleinement ce qu’il venait de s’opérer en toi. Intéressant. Tu n'as pas été maladroit cette fois. Et tu ne le sera peut-être plus jamais maintenant. Je m'extirpe souplement sans un regard pour la chose qui venait de s'éteindre. Et je ne demanderai pas ses yeux. Ce n’est pas ma victime et je ne réclamerai donc pas de trophées. Je me retourne pour te proposer mon aide. Je tends donc la main et qu’importe si tu refuses. C'est peut-être déjà un peu tard pour prétendre que tu n’y es pour rien.

Je suis sincèrement contrit car je n’ai rien de gentil ou de réconfortant à dire. Si ce n’est un félicitation qui paraîtrait sans doute incroyablement mal venu. Je ne sais de toute façon pas si le reste de la meute est dans le coin, mais je ne compte pas m’y attarder. Et si tu en parles un jour à quelqu’un, il te dira sans doute que tu n’avais pas le choix. Que c’était lui ou toi. Mais c’est faux. Tellement faux. Chacun de tes choix t'ont amené jusqu’ici. Et tu es responsable au même titre que l’univers de tout ce chaos. À cet instant précis. Comme un nouveau vie qui s'offre à toi. Je m’approche de toi pour essuyer mon front avec ma paume.

Ce qui est désagréable avec les blessures à la tête ce sont les projections de sangs. Voilà. C’est nettement mieux. Le reste passera avec de la téquila.

Quand j’entends de nouveaux grognement je me dis qu’il est temps de bouger. Pas le temps de célébrer quoi que ce soit. Ou de te consoler.

- En route ! Je récupère ta manche et je te traîne vers l'inconnu. Mais c’est peut-être ce que je suis en en train de faire depuis le début.

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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Dim 4 Mar - 2:30

Au premier contact, tu te figes avant de revenir sur terre. Il ne te fallait que ça pour te rappeler que tu es bien en vie, encore maintenant, même si tu as commis l’irréparable. Puis, il y a quelque chose de rassurant dans ce toucher léger. Une chaleur humaine que tu ne connais pas beaucoup.
Tu fixes ta main. Elle tremble encore, mais tu ne lâches pas l’arme pour un sou. Tu sais que tu devas la réutiliser un jour. Pourtant, tu as lutté ces cinq derniers mois pour ne pas craquer. Jusqu’ici, sans amis, sans amants, sans ennemis, tu n’as jamais eu besoin d’en avoir recours pour en finir une bonne fois pour toute.
Comme quoi, il aurait juste fallu d’une erreur pour te priver de sommeil les prochaines semaines.

Tu n’as cependant pas le temps de réfléchir davantage que ton partenaire te traîne sur la route. Tu es déjà à bout de souffle, tes poumons sont en feu et ne parlons même pas de ton crâne. Et tandis qu’il t’emporter tu ne sais trop où, des phares apparaissent dans votre champ de vision - le taxi !
Tu ne peux pas t’empêcher de sourire de soulagement et de courir un peu plus vite. Tu te poses au beau milieu du chemin avec tes bras en avant pour inviter le véhicule à s’arrêter. Celui-ci freine aussi sec.

« On monte ! »

Tu ne te fais pas prier en ce qui te concerne. Aussitôt installé dans les sièges, tu presses le chauffeur pour aller plus loin, histoire de survivre.
Tu soupires et t’affales dans le siège.

Puis le regardes.

Et tu réalises.

« Désolé. Je crois. »

Tu as fait plus que des erreurs ce soir : des écarts.

« Chinatown. » Dis-tu en t’adressant au conducteur. « Et vous allez… ? »




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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Dim 4 Mar - 23:51
musique ••• Les ruelles sombres nous engloutissent, les néons, la lune, les lumières blafardes ont toutes fui. Comme si notre chemin de briques jaunes était invisible. Je n’ai pas de cœur, de courage ni de cerveau à offrir, je suis comme le magicien de cette vieille histoire. Et même si je te donne une direction je ne pourrai jamais te faire rentrer au Kansas.

Sauf que je ne mens pas. Je ne prétends pas. Je ne suis pas un réconfort, ni même une solution miracle. Je suis à l’heure actuelle, moi, blessé à l'égo, au bras, à la dignité aussi. Sans plus de chemise. Ah. Sais-tu comme il est difficile de retrouver de tels vêtements de qualité ? Oh. Bien sûr que non. Tu as l'air de trouver tes affaires par hasard et c’est presque triste.

Finalement notre sauveur débarque, dans son taxi rutilant. Et oh, quel timing. Les loups grattent plus fort pour nous rattraper alors je me jette dans le taxi. Je souffle délicatement, toi tu sembles te rappeler de ma blessure. Ou du désastre complet. Je me rappelle que tout ce que tu voulais c’était un peu de musique. Je ferme les paupières et je cale ma tête contre la fenêtre.

– Si tu dois t'excuser, c'est de ne pas m'avoir tué immédiatement. Et c’est à toi que tu le dois.

J’avise mon reflet dans un des miroirs de la voiture. Je suis, heureusement, très beau, même ainsi décoiffé. Le sang s'écoule encore et j'espère très honnêtement que le chauffeur de taxi ne compte pas retrouver son véhicule en état.

– Nous n'allons pas à Chinatown. Mais à l’hôpital.

Je tourne la tête de ton côté et j’esquisse un sourire qui se veut moqueur.

– Tu me dois bien cela.

Et si tu ne veux pas et bien, soit. Soit.

– Et puis de toute façon que ferais-tu. Seul. À ruminer, vomir et mal dormir à force de revivre la nuit. Tu n'as pas envie de savoir ?
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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Lun 5 Mar - 17:43

musique - Le chauffeur de taxi souffle, visiblement agacé par votre indécision, alors tu ne peux rien faire qu’accepter ton triste sort.
Vous êtes désormais sur la route de l’hôpital tandis qu’au loin vous pouvez encore entendre les loups hurler à la lune - ou à leur ami à présent parti.
Ca avait été si simple et si rapide. Quand on a en face de soi un monstre fait de crocs et de griffes, il n’y a plus de place à l’hésitation. Et pourtant, tu as un goût amer dans le fond de la bouche. La frustration de ne pas savoir le visage de l’être que tu as tué, ni son nom ni ce qu’il représentait. S’il méritait vraiment de mourir ou non.

Depuis quand es-tu devenu aussi dramatique ? Tu souris dans ton coin et soupires de ta propre fragilité.

Mais il est vrai que ce soir, tu ne dormiras pas. Qui sait, ce type pourrait bien t’assommer rien qu’en parlant alors c’est peut-être bon à prendre.

Tu t’affales un peu plus dans ton siège et regardes par la vitre. Les lumières de Dedale filent sans que tu puisses les attraper du regard. Tu détestes cette ville, cette île, ces gens, ces vérités, ces mensonges.
Tu poses ta tête contre la vitre et t’accordes un bref coup d’oeil vers ton interlocuteur.

« Vous pensez que vous allez survivre combien de temps ici ? »

Dis-tu avec une naïveté presque enfantine.
Tu as réalisé qu’il fallait compter quelques années de moins dans son compteur une fois que l’on est déposé sur les plages de l’Enfer.

« Moi pas très longtemps. »

Tu ris, mais sans avoir peur. Presque avec légèreté.

« Sixte. »

Ajoutes-tu.

« C’est mon nom. »

Tandis que vous pouvez apercevoir l’hôpital se dresser fièrement à l’horizon.


l'imprévu au détour d'un mi


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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Mar 6 Mar - 16:07
Musique badass comme beau c tt merci •••  Le taxi avale les kilomètres et nous éloigne du désastre, des promesses de mort douloureuses. Ils continuent de hurler, impossible de ne pas les entendre grogner et menacer. Peut-être que la prochaine fois nous ne seront pas si chanceux. Peut-être que la prochaine fois la lune nous engloutira pour de bon, que tu sois véritablement son bras armé ou non. Mes doigts tapotent sur ma cuisse, j’essaie de capter le regard inquisiteur du chauffeur qui doit se demander s’il a vraiment bien fait de nous accueillir. Nous devons toujours sentir la mort et cette fois ce n’est absolument pas que métaphorique. Je crois que la puanteur colle ma peau et que c’est indélébile maintenant. Un peu comme les cicatrices zébrant la peau de mon dos. Celle qui ornera peut-être mon épaule. Je plisse les yeux, peut-être que ça ne date pas d’aujourd’hui. Qui sait.

Je me désintéresse du chauffeur pour te porter une nouvelle fois attention. Toi qui semble si faussement résigné. Je dis :

- Tu sembles tellement sûr de toi. Je commente, en haussant l’épaule. Je pense que tu ne désires pas que je te rassure, que tu as peut-être besoin d’entendre que moi aussi je ne me fais pas d’illusion. Peut-être devrais-tu revenir sur nos pas. Leur demander humblement qu’ils te pardonnent. Je penche la tête vers toi pour dire : Avec un peu de chance ils te déchiquetteront avant que tu n’aies le temps de dire « je vous en prie !!! » Et j’exagère un peu, une mine goguenarde sur mon visage.

- Allons Sixte. Je marque une petite pause.  « Ceux qui sont véritablement résignés s’ouvrent les veines dans leur baignoire. Ils ne se promènent pas avec des armes. » Et je suis plutôt usé de ce petit jeu, tu n’es ni faible, ni sans défense.  «  Je parie que les gens comme toi survivent plutôt facilement, même entourés de prédateurs. »

J’évite de parler de moi, de t’offrir ce luxe. Je compte vivre chaque jour que je m’accorderai et je déciderai moi-même de la mise en scène de ma mort. Je ne te donne même pas mon nom, parce que je l’ai déjà donné plus avant et que tu n’as pas semblé y porter la moindre attention. Ou si peu. Nous approchons de l’hôpital, alors je me redresse, j’arrête de tapoter ma cuisse.

– Mais dis-moi plutôt. Est-ce que tu sais comment supporter le poids d’une vie que l’on vient d’ôter ?

J’ouvre la portière.

– Il suffit de penser à la prochaine que tu prendras. Cet instant précis où tu cesseras d’être une proie que tu deviendras toi aussi de ces rois qui errent la nuit.

Je la referme, toque du côté de la fenêtre du taxi pour dire :

– Il va à Chinatown maintenant.

Et je m’en vais. Je ne dis pas adieu, ni ne souhaite une bonne nuit. Parce qu’après-tout elle n’était pas suffisamment bonne pour cela.

Peut-être que plus tard je regretterai vraiment de n’avoir pas pu ajouter tes yeux à ma collection de globes oculaires. Parce qu’ils étaient beaux.
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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau Mar 13 Mar - 14:30
Le mot de la fin
Sans un mot de plus, pas même un geste, ils s’éloignèrent. Ainsi s’acheva alors ce jeu, ce duel, cette confrontation afin de voir l’autre faiblir. Et ces notes pourtant si mélodieuses au début, n’étaient que le prologue à cette cacophonie habituelle que l’on entend dans les rues d’une cité sans loi, ce soir, il y eu une mort, sans poésie, sans beauté. Rien de plus qu’un corps affamé et assoiffé s’écrasant lourdement sur les dalles froides de Vermouth.

Des masques ont commencés à se lever ce soir, peut-être continueront-il ainsi ou peut-être ces deux hommes ne se croiseront jamais de nouveau. Seul l’avenir le dira. Mais une chose était sûre, ce soir, personne ne ressortait de cette expérience vraiment satisfait, les loups avaient perdu leurs proies et ce pauvre chauffeur de taxi devrait se débarrasser du sang et de l’odeur pestilentielle qu’on lui avait gracieusement offert en guise de pourboire

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MessageSujet: Re: l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau
l'imprévu au détour d'un mi Ϟ beau
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