FREAKS !

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MessageSujet: Our lives, and theirs. (terminé) Jeu 1 Mar - 20:50



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Ce que le besoin d’argent offre, l’orgueil le reprend. Il n’y a pas plus difficile que l’amertume de la nécessité à avaler. C’est la première fois, en cinq mois, que tu dois t’abaisser à ce genre de pratique. Tu n’es pas particulièrement friand de cambriolages, de braquages et autres actions de ce genre. A la fin, si tu n’en réchappes pas avec des ennuis plus gros que ceux causés, tu finis au moins fiévreux sous les restes de ta fierté. Etre un sale type n’est, en effet, pas si simple.

Tu enfiles tes gants avec le même soin que celui pris pour, la minute précédente, te revêtir de la tenue appropriée à l’ouvrage. Un corbeau n’aurait pas plus noire allure. La seule couleur qui s’en sort, c’est le roux de ta tignasse. A pas de loup, et l’expression vaut bien l’ironie de ta situation, tu te faufiles jusqu’à l’entrée arrière du restaurant. Tu en connais les moindres recoins pour l’avoir observé durant plusieurs jours. Tu supposes et tu espères supposer juste, que le logement du dessus appartienne au propriétaire du restaurant.

Quelques coup de pince et cliquetis plus tard, tu es face à face avec une porte défraîchie à la peinture écaillée. Une odeur de poussière et de renfermé t’imbibe presque aussitôt. Un bref coup d’oeil, armé de ta lampe torche. Il n’y a personne, tu es chanceux. Ou non.

Force est de constater que… Tu as mal choisi ta cible. Aucun objet de valeur clinquant, pas de coffre-fort où recettes et billets s’entassent, nulle trace d’argenterie ou de tableaux. Vraiment, tu as mal choisi ta cible. Tu soupires, les épaules basses et le regard sombre. Exceptés quelques câbles et un ordinateur, rien ne vaut la peine d’être volé. Un léger reflet blanc t’extirpe soudain à tes pensées. Un zippo.

Tu le cales entre tes doigts, soupèses son poids avec un drôle de sérieux avant de frotter son rouage. Une odeur d’essence t’envahit tandis que la flamme rougeoyante dévore tes prunelles. Pourquoi ne pas le faire ? Après tout, les lieux sont vides, il n’y rien de précieux. Quand bien même d’ailleurs… Tu hésites, l'euphorie monte. Si quelqu’un te surprenait par la suite ? Non, tu es discret… Mais ?

L’écran de veille de l’ordinateur s’allume. Tu sursautes. Quel réflexe ridicule. Tu ranges le zippo, douché à froid par le retour à la réalité. Tu t’assieds sur le fauteuil accolé au bureau et, sous couvert d’une curiosité sommaire, tu balayes l'écran avec le curseur. Un mot de passe. Tu le craques. Ah. Un mail reçu. Cela ne t’intéresse pas. En revanche, les dossiers un peu trop rangés si. Des codes. Tu les craques. Ah. D’autres dossiers, d’autres codes. Tu les craques. Ah. Des photos.

Tu fronces les sourcils. Un léger frisson dévale ton échine. Les formes se définissent. On ne voit pas leurs visages, on ne voit que leurs corps. Celui-ci a les poignets mutilés. Celui-là a un trou dans la poitrine.Tu continues à faire défiler les photos. Tiens, celui-ci a la gorge violacée. Le suivant a plusieurs plaies sur l’abdomen. Ton pouls s’accélère imperceptiblement.

Ah, il y a des vidéos aussi.Tu cliques. Un jeune homme, toujours pas de visage. Il n’y a pas de son, il te semble pourtant qu’il pleure. Il avale ce qui s’apparente être de l’eau de javel. Il y ajoute un second produit tout aussi nocif. Tu n'en a pas conscience mais tu as presque le nez collé à l’écran. Tu le vois secoué par les nausées qu’il retient. Une mousse poisseuse sort de sa bouche, ses yeux se révulsent. Il s’écroule sur son lit. Les spasmes continuent.

Tu te cales au fond du siège. Là, en cet instant très précis, tu essayes de savoir si l’excitation qui fourmille sous ta peau est due au dégoût ou à la fascination. Chez qui es-tu ? Ce n’est certainement pas le grassouillet chinois quinquagénaire du restaurant. Quelle terrible méprise… Chez qui es-tu ? Tu presses ta poche de jean où ton paquet de cigarette est confiné. T’en sors une, tu l’allumes et, non plus sommaire mais avide, ta curiosité t’entraîne à ouvrir tous les fichiers à porter de ton savoir faire de hacker.

Chez qui es-tu. Qui. Quelle est cette personne assez désaxée pour collectionner pareilles choses ?


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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Jeu 1 Mar - 22:52

musique - Il s’assoit. Confortablement. Il n’est pas prêt, et tu le sais. Il cherche, trouve, regarde, dévore presque. Dans l’entrebâillement de la porte, tu l’observes sans respirer. Tu sens pourtant une colère noire te monter à la tête mais tu ne peux pas tout de suite frapper. Tu veux voir. Voir un visage qui regrette.

Tu t’accroupis pour mieux assister au spectacle. Son expression s’amenuise petit à petit tandis que tu devines l’horreur et le questionnement dans ces yeux. Il y avait sans doute de meilleur appartement à voler, des choses plus intéressantes à fouiller dans un ordinateur sur cette foutue île. Mais il fallait que ce type vienne, pensant qu’il dégoterait quelque chose à brader contre quelques quids ce soir. Tu ne l’as jamais vu, ne le connais ni d’Eve ni d’Adam.
Du coin de l’oeil, tu reconnais ces vidéos tant visionnées et pourtant cachées dans les entrailles de ton ordinateur.

Tu es certain d’une chose ; tu vas le faire regretter d’avoir fouiné un peu trop loin.

Tu défais ta ceinture et te glisses à l’intérieur du studio discrètement, te plantant dans le dos du mauvais voleur. Tu serais prêt à parier que ton coeur bat si fort qu’il pourrait l’entendre mais rien ne se passe. Alors, sans une once d’hésitation, tu passes ta corde d’infortune autour de son cou et la serre de toutes tes forces, comme en voulant lui arracher la tête. 

Tu glisses en arrière, tombes, mais l’emportes dans ta chute. Tu n’as pas lâché prise, au contraire. Tu forces sa tête à rester contre ta poitrine. Et tu serres.
Serres.
Plus fort.

« La faiblesse humaine est d’avoir des curiosités d’apprendre ce qu’on ne voudrait pas savoir. »

Dis-tu dans un râle.


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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Jeu 1 Mar - 23:46



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C’est chose rare pour un individu de ta race de se faire abandonner par ses sens. Ceux-ci ont, en effet, manqué à leur devoir. Tu étais tant et si bien absorbé par les visions cauchemardesques qui défilaient sous tes yeux que tu n’as ni entendu, ni senti, ni perçu le propriétaire de celles-ci. De manière assez agile - fait que tu dois bien reconnaître - il t’entraîna à sa suite au sol, t’arrachant un râle sourd.

Furtif dans son approche mais faible dans sa poigne. Il est de bien piètre taille fasse à tes atouts. Sans y mettre de jolies formes, tu tires sur la ceinture vers le vide pour mieux t’en débarrasser. Tes yeux grondent plus que tes dents ne luisent tandis que tu le saisit par les cheveux. Tu célèbres le mariage de sa mâchoire au bois de son bureau avec vigueur puis tu t'écartes. Moins il y a contact, mieux c’est.

Là, c’est lui. C’est lui le qui. Nul besoin de le ligoter ou, s’il ne t’y incite pas, de le frapper davantage. L’avant-goût de ta force aura suffit, tu supposes, à le dissuader d’attenter d’autres assaults. C’est donc, naturellement, que tu t’offres le temps de le détailler. Vétuste petit être humain aux airs d’angelot. La nature fait étrangement les choses… La pureté du diamant vaut bien sa dureté, n’est-ce pas ?

Tu recules jusqu’à trouver un mur auquel t’adosser. Ne pas lui tourner le dos, ne serait-ce déjà que pour mieux disséquer ses expressions. « Qu’est ce que je ne voudrais pas savoir ? » La réthorique. Tu as vu, tu as regardé. Ce qu’il te manque c’est le pourquoi, le comment, le qui sont ces personnes ? C’est à peine concevable qu’un type si propre ait des choses si sales sur son ordinateur.

Tu pourrais, tu devrais même, t’en aller. Qu’est-ce que tu en as à foutre après tout ? A la base, tu es venu pour cambrioler, pas pour t’improviser criminologue. C’est vrai. La nuit commence à peine, y a tellement d’autres endroits où tu pourrais traîner tes os. Dédale grouille, Dévale vit, Dédale s’active et toi tu restes là. Tu restes avec, sauf méprise, un sociopathe.

Un sociopathe. Mh. Tu touches le zippo dans ta poche. Tu souris, pour toi, pour toi seul. Pourquoi le juger ? Tu serais mal placé. Chacun son vice, voilà tout. « Pour t’être montré si farouche, je suppose que ta petite collection a été faite par tes soins. » Une seconde cigarette se coince à ta bouche, emportant dans sa première nappe les restes de ta tension. « Je suppose également que tu serais très embêté si tout ceci paraissait au grand jour. »

Au grand jour, oui. Dévoiler son visage, dévoiler ses démons. Combien te paierait-il ? Jusqu’où irait-il ? Que ferait-il ? Les quids ne sont pas réellement l’enjeu. Peut-être le devinera t-il. Rien n’est plus enrichissant, à ton goût, de voir ce que l’humain peut faire pour sauver sa peau. C’est dans ce genre très précis de situation qu’il révèle les facettes les plus attrayantes de son espèce.


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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Ven 2 Mar - 0:29

musique - Tu ne peux rien dire, ni mentir. Tu ne peux même pas sourire, ni même jouer car, à la seconde suivante, ta mâchoire vient embrasser le coin de ta table. Il te faut huit secondes pour reprendre tes esprits tandis que tu peux sentir un filet carmin dégringoler du coin de tes lèvres. Tu te retournes et t’assieds sur le sol, à bout de souffle. Sa force inhumaine a eu raison de toi, tes petits bras ne seront pas suffisant et tu ne cesseras jamais de maudire ta nature. Maladroitement, tu te glisses contre le mur le plus proche.
Tu ne peux fuir - où irais-tu ?
Tu pourrais prendre ta voiture et t’en aller mais tu n’irais jamais plus loin que les plages bordant cette déchèterie.

Dans cet ordinateur repose les couleurs de ton ancienne vie. Sombre et sordide. Sanglante et repoussante. Il y avait la preuve d’un courage ou d’une lâcheté. La preuve que tu n’es pas tout ce que tes sourires prétendent être.
Tu le regardes, droit dans les yeux - ce que tu ne fais pourtant jamais. Tes cheveux dégoulinent devant ton visage et tu es presque déjà à bout de souffle. Tu as beau te reposer sur tes paumes au sol, tu parviens à peine à tenir la pose, tombes, puis reprends appui sur tes coudes dans un râle pénible.

Le revers de ta main épouse ton menton pour essuyer le sang. Tu es sûr d’avoir au moins une molaire en moins.

Le regard de ton assaillant, en revanche, s’est très vite affermi. Les horreurs visionnées peut-être disparues parmi toutes celles auxquelles il a pu assister dans sa vie de monstruosité. C’est vrai, qu’as-tu à te reprocher ? Tes vices pervers et malsains, ta fascination pour la mort sous toutes ces formes ne sont que des détails dans cet océan d’horreurs qu’est Dedale.
Mais pourtant, tu ne peux te résigner à l’idée que ta réalité éclate aux yeux de tous, toi qui a été si méticuleux à te présenter si propre et si invisible.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Lâches-tu, résigné.


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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Ven 2 Mar - 1:17



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Pathétique. L’adjectif le plus qualifié pour décrire le tableau qu’il t’offre. Si facilement brisé ? Déjà prêt à se rendre ? Allons. Tu es déçu. Il doit bien avoir de la réserve, de la ressource. S’acoquiner avec les démons les plus abjectes sous la peau d’un doux agneaux pour fuir le premier méchant loup venu ? Non. Le choc, la douleur ou la fatigue - qu’il se trouve l’excuse la plus valable - a pour l’instant raison de lui.

Tu t’accroupis avec souplesse. Un fil est tendu entre vous, invisible. Une symétrie parfaite. Le point A relié au point B. Le pont entre deux mondes aux couleurs similaires. Un sourire fend timidement ton visage. Ni méchanceté, ni perfidie. Rien. Un sourire de rien. Pour être tout à fait honnête, tu es tellement excité par la situation que t’en perds la motricité de ton cerveau.

Tu as déjà croisé pas mal de sales types, pas mal de cinglés. Dédale t’en offre par paquet, elle est la benne à ordures de l’Enfer. Il en fait partie, lui. C’est une ordure. Le truc qui le rend différent ? C’est que tu prends la peine d’y accrocher ton regard et qu'il te le rend. C’est la première fois. C’est la première fois que tu veux comprendre quelqu’un - un quelqu’un qui se nourrit des mêmes toxines que toi.

« Je veux te voir à l’oeuvre. » Tes yeux se posent sur l’ordinateur. Qu’est-ce qu’il fait exactement ? Il fouille la toile, déniche des vidéos, les regarde en se masturbant et les conserve minutieusement ? Non. Ce n’est pas si archaïque. Alors quoi ? Il assiste à des suicides, les filme ? Tu veux savoir. Voilà ton paiement. Tu veux comprendre. Voilà ta motivation.

Un zoologiste découvrant une nouvelle espèce de primate ne serait pas plus enthousiaste. « Tu me fais penser à un parasite. Tu sais ce que c’est qu’une tique ? La petite bête qui plante ses crochets dans la chair et qui, sauf si on la tue, pompe le sang de son hôte jusqu’à l’ivresse. » Les images des poignets entaillés, des cous bleutés et de tous ces corps mutilés te reviennent à l’esprit. Tu grimaces - ils sont sales. Ces morts sont sales. Brûlés au moins...

Tu songes, une seconde, deux secondes. « Ces personnes, tu les connaissais ? Ça expliquerait pourquoi tu me rappelles une tique. Tu les parasitais ? » Le mur devient inconfortable. Tu te redresses, disciplines quelques mèches rebelles. Il fait nuit, les lampadaires brillent. Tu ouvres la fenêtre à ta portée. L’air frais s’engouffre - il te revigore, t’assaini et chasse pour ton plus grand plaisir l’odeur désagréable des lieux.

Or ils restent toujours aussi sinistres. Il y est pour beaucoup avec ses airs d’animal battu. Qu’il se réveille. Qu’il s’anime ! Tu saisis son poignet droit par le tissu de son haut et le secoue de bas en haut - ce qu’on nomme communément : serrer la main. Or toucher sa peau, très peu pour toi. « Au fait. J’oublie les bonnes manières. Kaboom, ravi de faire à présent partie de ta vie. »

Ah. Ton sourire est un peu bizarre. Un peu détraqué.


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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Ven 2 Mar - 1:36

musique - Ton sang se glace et ton coeur s’arrête. Ta pupille rétrécie et plus tu l’écoutes, plus tu as l’impression de devenir fou. C’est comme voir le Diable s’élever devant soi : un drôle de mélange de fascination et d’effroi. Tu en trembles, te mords les lèvres. Tu ne voudrais pas le tuer avant de l’avoir entendu parler, te donner son marché. De sa tignasse rousse et des ses yeux noirs, il n’y pourtant en lui, rien d’un monstre. Mais c’est dans ses mots, entre ses crocs, qu’il y a quelque chose de dangereusement brûlant.

Tu ne veux pas donner de suite à ses questions. Tu veux le laisser dans un doute constant, jusqu’à ce qu’il devienne fou. Malheureusement, tu n’es pas en mesure de contrôler la partie. Ce soir, c’est toi qui plie l’échine.

Quand il secoue ta main - ta manche - tu la retires aussi sec. Du moins, tu essayes. Mais sa poigne est à l’image de ses paroles : lourde et forte. Kaboom se présente alors. C’est tellement ridicule que tu t’offres le droit de ne jamais prononcer son prénom.

« Tu te trompes. »

Geins-tu presque.

« J’appartenais à une communauté. Une communauté où l’envie de vivre n’existait plus. »

Tu souffles.

« On était obligé de regarder ce genre de photos et de vidéos tous les jours. D’en envoyer au chef également. Jusqu’à ce qu’on arrive au challenge final : se buter. »

Tu ris, tellement cela sonne grotesque et désespéré.

« Ce gars, Leon. Il a essayé de m’y pousser. Mais je me suis fait arrêter avant de m’exécuter. On m’a accusé à tort d’être à la tête de ce réseau malsain. »

Tes yeux deviennent rouges. Tu peines à cacher ton malheur pourtant si bien enfoui dans tes entrailles.

« J’ai juste gardé ce dossier pour… je ne sais pas. Me rappeler que je dois me venger pour avoir fini sur cette île de merde à la place d'un autre. Que je suis encore en vie. Ou que je dois bien mourir un jour. Mais j’ai peur. »

Tu le fixes, doucement.

« Tu te trompes sur qui je suis. »


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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Ven 2 Mar - 2:20



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Il parle. Il est vivant. Ce n’est pas un genre de pantin désarticulé qui fonctionne sur piles. Tu l’écoutes, à moitié intéressé. Ses paroles sont bien accordées, mélodieuses et leur supplique à fendre le coeur. Dommage, le tient est parti aux toilettes. La misère et la crasse ne sont plus tes putes à pleurs, cela fait des lustres que tu les as congédié. Tu préfères détailler les couleurs bizarres qui couvrent les pans de peau que son pull ne cache pas. C’en est peut-être un, de pantin, finalement. Un humain ne pourrait pas encaisser autant de douleur sans vriller, pas vrai ?

Tu te trompes sur qui je suis. Ah. Ses derniers mots. C’est drôle, ils n’ont pas les mêmes accords, la même mélodie, la même supplique. C’est drôle. Tu souris de ton sourire de rien. « C’est terrible. Je suis désolé. » Non, tu ne l’es pas. Tu meubles pour ne pas confirmer que tu t’es trompé. Tu t’es trompé ? Justement, tu ne sais pas. Alors mieux vaut broder, mieux vaut se faire lisse.

Cet échange te fruste un peu. Il n’est pas très bavard. D’ordinaire tu ne l’es pas non plus. Il y a tellement à dire pourtant. « Ta mâchoire, t’as mal ? » Il y a tellement à savoir. Tu poses une cigarette sur son bureau - y a pas de meilleur pansement selon toi. Pour la charité logique on repassera. L’atmosphère est molle. Tu t’agites un peu, fais quelques pas en rond pour revenir t’asseoir sur le rebord de la fenêtre.

« Tu ne m’as pas dis ton nom. » Toi non plus, en soi. Kaboom c’est pour Dédale. Kaboom c’est pour l’image. Tes traits nonchalants se crispent. La bise froide te mord le cou. Pourquoi tu ne pars pas. Tu n’as plus rien à faire ici. Même l’idée de dévoiler le contenu de son ordinateur n’en vaut plus la peine s’il laisse le doute planer quant à son origine. Pourquoi tu ne pars pas. Quelle tique te pique.

Mh. Ta curiosité. Ta curiosité n’est pas satisfaite. Ce type est une ordure, avec un passé douloureux de victime - vrai ou faux, cela n’a pas d’importance. Les ordures tu les connais trop pour te méprendre. Alors quoi… Un angelot ? Un vrai de vrai ? Non. Impossible. Tu réfléchis. « Que ce soit pour te rappeler ta vengeance ou que ton palpitant fonctionne, ce dossier, s’il finit à ciel ouvert, cela risque de te causer du tord. Tout le monde n’est pas aussi compatissant et compréhensif que moi, vois-tu. »

Tes dents pointent leurs courbes. Tu ne cherches pas à jouer les faux gentils, les vrais méchants. Un brin inquiétant, pas assez pour fuir. Un brin sympathique, pas assez pour conquérir. Tes petites cellules grises tricotent leur propre freak show. Tu l’as dis toi-même un peu plus tôt, tu es entré dans sa vie. Autant en profiter. « Alors, afin de m’assurer de ta sécurité, nous allons nous voir tous les jours. Je vais veiller sur toi. Tu m’as touché, tu sais. » Ou comment mettre des fers au condamné. Le ton interdit le non. Le regard interdit la fuite.

Vous pourriez être une nouvelle fable. Le loup et l’agneau. Reste à savoir ce qu’il y a sous les poils et ce qu’il y a sous la laine.


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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Ven 2 Mar - 14:04

musique - Il te dit qu’il est désolé mais tu n’arrives pas à le croire - sans doute que le ton ironique à la fin de sa phrase le voulait. Il dépose une cigarette à côté de toi, comme un cadeau empoisonné auquel tu ne toucheras sans doute pas. Tu ne la regardes même pas. Tu ne veux pas jouer à son jeu, tu ne veux pas faire de faux semblant. Tu ne veux même pas donner ton nom. Tu voudrais, là, tout de suite, retourner à ta condition de fantôme. Là où personne ne te reconnaît. Là où ton visage est inconnu et que tu erres en ville comme un ectoplasme.

Kaboom te condamne alors à un sort malsain : le revoir tous les jours. Ton sang se glace. Comment peux-tu combatte un loup ? Tu réalises que tu n’es rien de plus qu’un agneau, encore aujourd’hui, et que ce qui se trouve sur cet ordinateur pourrait très bien signer ton arrêt de mort - ou pire encore.

« Quel plaisir y aurait-il à exposer quelque chose dont je ne suis pas responsable ? »

Tu souffles, péniblement. Et, de la même manière, te relèves en prenant appui contre le mur. Tu jettes un oeil à ton ordinateur, regrettant amèrement de ne jamais avoir supprimé ce dossier une fois pour toute. Mais il fallait que tu te souviennes, que jamais tu n’esquives. Please, don’t tell my mom.
Toujours.

« Je suis coincé, j’imagine. »

Tu ricanes grassement.

« Franchement… »

Tu dresses ton regard en sa direction et ajoutes :

« Tu le regretteras. Un jour. Tu verras. »



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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Ven 2 Mar - 15:30



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Il ne semble pas enclin à jouer ton théâtre. Son abnégation est froide, sa menace finale plus encore. Quelle étrange petite chose. A la fois si fragile et si dure. Avec ses cheveux blonds et son teint pâle il a des allures de statue de glace. Tu n’as vu qu’une seule fois la neige dans ta vie et tu t’en souviens parfaitement bien. Il te la rappelle un peu. Elle est si jolie lorsqu’elle tombe des cieux - certains la voient comme les cendres des anges défunts. Or sa morsure est aussi brûlante que celle du feu. Si contraires et si similaires.

Tes songes se dissipent. Tu passes une main dans ta tignasse et fixes plus amplement ton vis à vis. D’ordinaire tu ne t’attardes pas, tu ne détailles pas. Là, c’est différent. « Je regretterais dis-tu ? » Pas de peur, pas d’inquiétude, pas de surprise. Que révèle alors cette interrogation ? Encore de la curiosité - toujours la même à vrai dire, grandissante, excitante. De quelle manière se vengerait-il ? Que te ferait-il ?

Tes lippes s’étirent. « Bug ou Snow ? » La large distance vous séparant disparaît à la seconde où tu te plantes stoïquement devant lui. Ah. Il n’est pas si petit, un ou deux centimètres de moins que toi. Il a le visage abimé. Quelle étrange, étrange petite chose. Tu sors le zippo de ta poche, l’enclenche à un battement de cils de ses yeux. Ils sont diablement bleus. « Snow. » Tu t’éloignes. « Je t’appellerais Snow. »

C’est mieux ainsi - son nom, quel qu’il aurait été, ne t’aurait très certainement pas plus. Cela fait partie des curieux plaisirs que tu entretiens. Nommer personnes et objets selon ton choix - d’une certaine façon, tu restes en contrôle. Contrôle que tu as, pour l’heure, sur lui.

A présent il faut t’activer. Tes élucubrations ne peuvent se mettre en place d’elles-mêmes. « Tu vas me suivre. » Profonde et sombre, ta voix le déloge de son confort et tu l’incites à passer devant toi. Au moindre faux pas, la gueule du loup se refermera. Nul besoin d’être devin pour sentir l’aura de plomb que tu installes dans votre très fraîche et nouvelle proximité.

Vous quittez l’appartement. Tu fais corps avec son ombre, ne détachant pas tes yeux de son dos. La ruelle est grouillante de vie, la vitrine aux guirlandes écarlates indiquent que le restaurant l’est également. Ce ne sont pas là tes sujets d’intérêt. Ce que tu cherches est ailleurs. Etre chez soi rassure - quand bien même un danger survient, on préfère le gérer sous son toit qu’au dehors.

De quelle manière interagit-il avec autrui ? De quelle manière interagira t-il avec toi ? Il peut appeler à l’aide, il peut tenter de s’enfuir, il peut continuer à te suivre, il peut chercher la compagnie d’autres personnes pour se rassurer. Tant de possibilités d’actions pour lui, de réactions pour toi.

« Parle-moi de ce Leon. » Douce, ta voix est douce - non pas que tu cherches à l’attendrir ou à te blanchir les poils. Sachant que la réponse t’intéresse réellement, tu ne vois pas l’utilité d’employer un ton plus abrupte.

Quelle étrange, étrange petite chose aux étranges, étranges petits effets.


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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Ven 2 Mar - 18:50

musique - Snow, conclut-il.
Tu le jauges du regard, sans ajoute quoi que ce soit. Trop docile pour rétorquer, trop malin pour l’accepter. Tu laisses couler ses mots sur un voile de silence. Ce qui est amusant, dans le cas inverse, tu l’aurais appelé Fire, ou quelque chose comme ça. Peut-être à cause de ses cheveux flamboyants. Ou juste à cause de son regard endiablé. Mais il y a quelque chose de brûlant en lui. D’explosif.

Tu vas me suivre. Ni une question, ni une proposition ; une obligation. Tu commences à cerner les couleurs de cette relation qui s’impose. Elle sera pleine de défauts, d’embarras, de rouge et de noir.
Tu peux sentir son souffle s’écraser contre ta nuque mais tu maintiens le regard droit devant. Les rues aux alentours de ton cocon ne t’ont jamais semblé si menaçantes.

Parle moi de ce Leon.
Silence.
Quinze secondes, au moins.

« Il se faisait appeler Lemon dans notre communauté. Je crois qu’il était assez haut dans notre hiérarchie. Assez pour qu’on doive lui envoyer les photos et les vidéos. »

Tu peines à te souvenir de lui. Il a beau avoir été ton bourreau pendant des mois et des mois, tu ne peux poser un visage sur ce nom.

« Nous étions de faux amis. Je partageais tout, il écoutait. Ca semblait facile. Puis plus le temps avancer plus me faire du mal pour lui était une évidence. »

Tu ris, doucement.

« Je ne sais rien de lui à part son prénom. Je n’ai jamais vu son visage. La dernière fois que je lui ai parlé, il avait activé sa caméra mais il était plongé dans le noir. Il n’a pas parlé. Il attendait de moi d’en finir mais ça ne s’est pas passé. »

Tu serais prêt à parier qu’il était en train de filmer au même moment à en juger par le petit voyant rouge que tu pouvais remarquer dans la pénombre. Encore aujourd’hui, son identité demeure un mystère mais une chose est sûre : il ne se trouvera jamais sur cette île et ne foulera plus jamais tes pas car tu as pris sa place, malencontreusement.

« Quelques uns de la communauté s’étaient suicidés déjà, auparavant. Alors quand la police a fait des recherches, ils sont tombés sur moi. C’était plus simple d’arrêter le premier venu que de pousser l’enquête. »

Kaboom te rappelle un peu Leon. Toujours dans ton ombre, dans ton dos, te suivant à la trace, te poussant, t’écoutant, te détruisant à sa façon. Te voilà dans un déjà-vu amer.

« Mon histoire n’a rien d’intéressant. »



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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Sam 3 Mar - 18:38



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Ton ombre danse au devant de la sienne, tes pas se calent sur les siens. Il a choisit de te parler, tu choisis de marcher à ses côtés. « Mon histoire n’a rien d’intéressant. » Des paroles au moins aussi curieuses que leur propriétaire. Tu n’as pas perdu une miette de celles-ci, des inflexions de sa voix, de la pose de son regard à la diction de tel ou tel mot. Le flocon sur la coupe et ses dentelles sous l’oculaire de verre.

Il y a quelque chose de trouble, un je-ne-sais-quoi de non dit. Ce n’est ni la vérité, ni le mensonge, c’est ce qu’il y a entre et en dessous. Quoi ? Cela vient de lui et cela te fait quelque chose. Quoi ? Tes yeux se perdent dans les multiples tâches lumineuses des enseignes vous entourant. Ah, oui. Ce doit être ça. « Tu ne te sens pas seul ? » Ce doit être de l’empathie.

Faire partie d’une communauté pour finir échouer sur le rivage d’une île où l’individualisme trône. Exister à plusieurs pour finir par se hanter soi-même. Tu ne saurais dire pourquoi c’est ce détail, ce fait précis qui te touche plus que d’entendre le suicide forcé de jeunes gens désespérés. Ta salive s’alourdit. La solitude est une cruelle compagne.

Arrête. Ressaisis-toi.

« C’est abjecte. » S’écarter du sujet. « Le suicide. » Chasser le brouillard. « C’est d’une lâcheté… » Durcir le ton. « Tu en penses quoi, Snow ? » Dominer.

Ce n’est pas très délicat, c’est même un peu mesquin. Le fond reste pourtant vrai. S’ôter la vie relève d’un pathétisme à pleurer. Jamais. Jamais tu n’aurais ne serait-ce que la bassesse d’y songer.

Tu te racles la gorge.

Pour cette communauté dont il a mentionné le destin tragique, le contexte diverge un peu. Ils y ont été poussé par quelqu’un. Leon ? Tu réfléchis. Là n’est pas la question. À quel fin ? Voilà. Là est la question. Dans un meurtre ce n’est pas tant la victime qui importe, c’est le processus de sa mise à mort. Tu souris. Ils y ont été poussé, oui. Et ? Ils restent des lâches, des faibles. Ils restent des proies.

Avant qu’il ne te réponde, tu reprends. « C’est abjecte selon l’angle de vue, bien sûr. » Un savant mélange de sérénité et de danger - le composant de cette aura qui, à présent, t’enveloppe. Tes iris croisent les siennes. Un vague frisson effleure ton échine. La nuit promet d’être riche.


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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Dim 4 Mar - 2:08

musique - Lorsqu’il te demande s’il te sent seul, tu ne sais quoi faire si ce n’est qu’hausser les épaules, vaguement. Te sentir seul ? Tu n’y penses jamais vraiment. D’aussi longtemps que tu puisses t’en souvenir, tu l’as toujours été. Craintif de nature, tu n’as jamais pris trop de risques dans tes relations. La communauté à laquelle tu appartenais n’en avait, en fait, rien d’une. Tu voyais quelques pseudonymes ici et là mais n’as jamais été en contact qu’avec une seule et même personne, du début à la fin.

Plus tu l’écoutes et plus tu doutes. Kaboom n’est pas une ombre mais un brouillard opaque. Tu n’arrives pas à lire entre les lignes et sans doute devrais-tu renoncer et juste accepter la situation telle qu’elle est. Il te fait part de son avis sur le sujet du suicide et tu n’es pas bien surpris de ce dernier - il correspond relativement bien à ce que tu as pu entendre en majorité, même avant d’être déporté ici.
Tu l’acceptes. C’est un point de vue, comme un autre. Il n’y a pas vraiment de débat à tenir puisque toi même tu ne peux t’affirmer sur le sujet.

« Qu’est-ce qui te semble le plus simple : appuyer sur la gâchette quand le canon se trouve entre tes yeux ou appuyer sur la gâchette quand le canon vise un parfait inconnu ? »

Tu laisses le doute planer un instant, l’invitant à réfléchir sur la question de la lâcheté. Tu n’es pas certain qu’il s’agisse de lâcheté.

« C’est facile de parler de lâcheté quand il s’agit de personnes en détresse. » Soupires-tu. « Mais si tu veux mon avis, pas mal de personnes seraient capables d’éventrer un chaton plutôt que d’avoir à se couper le bras pour se sauver la vie. La définition du courage est bien plus complexe. Pareil pour la lâcheté. »

Tu t’arrêtes en plein milieu de la rue et finis par pester. Tu n’as pas le temps d’aborder le sujet aussi philosophiquement, avec un parfait inconnu qui tire les ficelles d’un jeu auquel tu ne veux pas participer.

« On fout quoi là exactement, dis-moi ? Tu vas me traîner dans le quartier en me faisant parler jusqu’à ce que j’en ai la gorge sèche ? »



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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Dim 4 Mar - 15:16



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Il n’y a pas mille et une façons de construire un lien. Il faut établir un échange courtois où chacun s’exprime de manière équitable de sorte qu’après un certain temps la confiance s’établisse et avec elle la sympathie. Bien entendu, cette façon là n’est pas la tienne. Tu préfères forcer la main - cela ne peut pas marcher autrement en ce qui te concerne. Or, présentement, avec Snow, tu patines.

Oui, il te parle. Il répond à tes interrogations. Il te suit… Cela ne l’empêche pas d’être agacé et de pester. Alors quoi ? Tu vas le laisser filer ? Le traîner dans le quartier, pour reprendre ses dires ? Il n’a pas tord. Tu tournes en rond mon ami. Pourquoi hésiter avec lui quand tu n’as jamais hésité avec un autre. Un loup qui chasse n’a pas à apprivoiser sa proie pour la caler entre ses crocs. Tu le veux, tu le prends.

À cette pensée, ton humeur bascule - un cri silencieux gronde au ras de ta gorge. « Si je le souhaite, je peux te traîner faire dix fois le tour de Dédale. » Volte-face. Ton ombre se déploie sur lui, plus menaçante qu’elle ne l’a été quelques heures plus tôt. « Si je le souhaites, je peux t’ouvrir le ventre et remplir ta gorge de tes entrailles. » Tes mains tremblent. « Si je le souhaite, tu n’existes plus. »

Des passants vous regardent, chuchotent, vous évitent. Ce n’est pas ton heure. Les braises ne sont pas assez chaudes. Arrête. Tu n’es qu’une pauvre petite allumette, une pauvre petite allumette ridicule que la moindre contrariété allume. À ton tour d’être pathétique. Tu t’écartes, lui tournes le dos. « Casses-toi. »

Tu es rentré chez lui par effraction. Tu as découvert des photos et vidéos sordides mais non moins fascinantes. Tu t’es accroché à ton idée de le voir comme tu te vois, un monstre. Tu l’as enchaîné à tes pas, l’as menacé. Avec du recul, tout cela n’a aucun sens. Admets t’être trompé. C’est un agneau. Tu es seul.

Ses yeux ? Ce frisson ? Cette glace… Arrête.  Arrête. T’as le cerveau qui court-circuite.

Ce n’est pas ton heure. Ce n’est pas votre heure. Bientôt. Tu sais où il vit. Laisse l’eau qui dort dormir encore un peu…


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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Dim 4 Mar - 18:10

musique - Il plane au-dessus de toi comme un mauvais nuage. Et t’as envie d’lui dire mais vas-y, abat ta foudre. J’le sens que ça t’fait crever d’envie de me massacrer, de me buter, de me brûler. Et moi j’en ai marre de jouer. Marre de faire semblant, marre de marcher, marre de ne pas t’affronter. Alors putain, fais quelque chose, enfin, déparasse-nous de ce poids qui pèse.

Puis tout s’arrête. Tu l’entends se retourner et t’ordonner de partir. Là non plus, tu n’as pas véritablement le choix. Tu fixes sa nuque et ses cheveux en bataille, sa carrure emmitouflée dans ses vêtements et ses épaules larges.

Tu souris. Pas un sourire de soulagement d’bon coeur. C’est ce sourire malsain qui habille ton visage.
Car peu importe les événements, tu finis toujours par t’en sortir. Si aujourd’hui c’est toi, demain ce sera lui.

Et qui sait, il n’y aura peut-être pas de surlendemain.

Tu ne dis rien. Tu tournes les talons et tu t’évapores dans la jungle urbaine comme un spectre.

Ne t’en fais pas, je m’assurerai que tu regretteras. Je m’assurerai que t’iras mal et que t’en chialeras. Je m’assurerai que tu ne pourras plus jamais rien voir, plus jamais rien entendre. Mais je ne te tuerai pas, parce que, je crois que tu l’sais bien, mais il y a toujours pire que la mort.



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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé) Dim 4 Mar - 19:45
Le mot de la fin
Il ne dit rien de plus. Deux petits mots pour ce soir, comme s’il accordait un sursis.. Kaboom semble avoir des projets. Et il n’est pas le seul, n’est-ce pas ? Sous l’apparente servilité se cache un esprit torturé, capable de promettre mille regrets. Peut-être qu’ils se doutent l’un et l'autre de ce qu’il pourrait arriver ensuite. Combien de luttes, de rencontres, leur reste-t-il ? Une par jour s’il on en croit le loup.

Et qu'adviendra-t-il alors ? Quels sombres desseins trament-ils dans le secret. Ou peut-être qu’il n'y en aura pas. Qui sait ?

Aujourd’hui de sombres secrets ont été découverts. De terribles vérités semblent avoir éclatés ce soir, mais ce ne fut pas comme une explosion. L’univers n'en trembla pas une seule fois, n'en fut pas profondément transformé pour autant.

Cependant, il s’agissait là de prémisses. D’une scène d'exposition auréolée de violences éventées… Mais rappelez-vous bien ceci. Il y aura d’autres jours. Il y aura d’autres nuits.

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MessageSujet: Re: Our lives, and theirs. (terminé)
Our lives, and theirs. (terminé)
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