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MessageSujet: Boum boum boum × Archibald Sam 24 Fév - 19:13
J’ai mis une chemise blanche et un pantalon noir, enfilé un sourire charmant, quelque chose de serein et de rassurant. Une cravate nouée faussement maladroitement et les cheveux brossés rapidement pour me donner un peu de crédibilité quand j’arriverai un peu en avance, le souffle court d'avoir accéléré le pas dans les derniers mètres, impatient que je serai.

J'ai tout préparé. Acheté des fleurs, pris bien soin de choisir l’endroit et l'heure. Les mots que j'emploierai pour que tout soit, évidemment parfait. Oh, s’il te plaît, s’il te plaît, j'espère que tu ne feras pas d’erreur, que tu joueras le jeu, jusqu’à ce que tu en meurs. D'amour ou de ravissement de me voir et puis quand tu n’y feras pas attention je vais.

Prendre mes gants. Les enfiler pour camoufler les spasmes nerveux, ils ont hâte, tu sais, tu sais, il y a bien trop longtemps que je n'ai fait cela. Je prendrai mon temps, avec toi, j’ai envie de faire les choses bien. Tu ne saisies peut-être pas la chance que tu as. Mais je t'ai choisi toi. Comme une évidence cosmique. J'aime penser qu'à chaque fois je ressens cette connexion, tu sais.

Alors enfin prêt je mets mon veston lesté et je me suis mis en route, j'ai arrêté la voiture à deux rues de chez toi et j’ai fait le reste à pied. Il faisait froid, mais le temps ne devrait pas changer. Je veux que tu puisses voir la lune, les étoiles et le ciel quand finalement je ferai.

J'ai accéléré le pas, comme j'avais prévu de le faire et quand je suis arrivé devant chez toi mes cheveux devaient tomber superbement devant mes yeux quand j'ai dit :

– Bonsoir Archibald.

Un sourire attendrit et sincère, j’ai offert mes fleurs et mes yeux ont dit : S’il te plaît, s’il te plaît, S’il te plaît, partons d’ici.

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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Lun 26 Fév - 3:22
Une histoire de belles paroles et de fleurs
Etait-elle sur le point d'exploser, ta tête ? Oh...terriblement. Oui, tracassé,anxieux, stressé. Depuis combien de temps fais-tu les cents pas en fixant cette foutue horloge au tic-tac incessant que tu entends chaque nuit alors que tu dors dans une pièce différente ? Tu fixes la fenêtre, tu hésites à regarder au travers des rideaux si il
n'arrive pas.

Alors quoi, ça y'est, tu as une vie sociale normale offerte sur un plateau d'argent et toi, te voila tout chamboulé à cette idée ? Ridicule, non ? Tu te donnes l'excuse d'avoir perdu l'habitude depuis.."ça". Mais au final, tu n'as jamais eu l'habitude. Tout ce cirque, tu le faisais déjà avant. Tu n'as jamais été très doué en relations. Les seules conversations que tu as pu avoir étaient avec des clients et déjà à ce moment, tu avais envie de détaler et te planquer dans les cordes du piano. Mais là, t'avais nulle part où détaler. Pas cette fois. Et puis...en un sens, tu n'en avais pas envie. Étrangement, tu commençais à être plus à l'aise, plus ouvert avec lui. Étonnamment tu as réussi à cumuler plus de temps de parole avec lui qu'avec tes derniers patients qui ne te répondent jamais. Et qu'on se le dise, tes efforts y sont pour rien.

Tu te donnes d'éternelles excuses, utilisant ta condition actuelle comme le motif principal de ton anxiété et ton manque de conversation. Tu agites ta montre sur ton poignet, tu ne prends même pas la peine de la regarder, sachant pertinemment que tu serais incapable de lire quoi que ce soit en étant dans un tel état d'agitation. Tu repenses à tout, aux détails, tu regardes ta peau quelques instants, tu soulèves les manches de ta chemise bleue, vérifiant que le fond de teint n'es pas parti. Soupir de soulagement. Rien ne se voit, tout est bien en place. Pour le reste, tu n'as même pas envie de regarder. Ton visage est sûrement criblé de cernes autant foncées que tes cheveux qui ne ressemblent à rien même si tu tentes de les coiffer. Il faut couper, tu le sais. Mais tu détestes ça...qu'on te touche.

Et là. Boum, il est là. Juste en face de toi. Toujours aussi propre sur lui, toujours aussi soigneusement habillé, coiffé. Toujours ce même sourire, ce même air naturellement bon. Ah. Ton exact opposé. Comment pouvait-il être si gentil avec toi.

Toujours aussi parfait.

Tu avales difficilement ta salive, tes yeux se barrent, il fuient, tu le sais, tu le sens. Tu veux les empêcher, tu n'y arrives pas. Pourtant, lui, il te fixe, il te regarde...Il te tend des fleurs. T'offres la plus douce des salutations et toi, tu fais quoi ? Tu passes d'un pied à l'autre, tu es embarassé, tu joues avec tes mains. Pouf, une main nerveuse dans les cheveux. Tu réponds, tu bégaies presque.

« Bonsoir...Beau.»

Tu fixes les fleurs quelques instants, tu regarde les couleurs en détail et puis soudainement tu comprends. Tu es censé les prendre, là, maintenant. Tu le fais, tes mains tremblent. Tu ne sais pas quoi faire, tu glisses un discret merci, un sourire gêné. Ah....tu aimerais tant disparaître au milieu des fleurs. Tu gigotes...tu hésites. Tes mes se resserrent sur le bouquet, raclement de gorge gêné. Tu ne sais pas quoi faire. L'inviter à rentrer quelques instants ? Pour quoi faire ?  Pour qu'il sente l'odeur de cadavre à plein nez ?

Mauvaise idée, tu as envie de t'éloigner de là.

« Heu..je..juste un instant, j'arrive dans quelques secondes. »

Et tu t'éclipses, tu disparais, tu attrapes la première chose qui pourrait faire office de vase, tu remplis d'eau, le bouquet glissé dedans et tu prend ton manteau...ton écharpe aussi. Elle sent le parfum. Une sécurité de plus. Tu mordilles tes lèvres, anxieux, tu finis par fermer la porte. Maintenant, tu ne peux vraiment plus te cacher.

« Bon..et bien...Prêt ? Je suppose. »

Erreurs dans les intonations, tu ne voulais pas faire sonner une question ici. Tu n'étais pas prêt, lui il l'était. Et c'était une certitude.
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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Lun 26 Fév - 15:55
Mes yeux suivent les tiens, instinctivement, j'aime constater l'effet que je fais, vérifier les battements d’un cœur que je pourrai excaver à mains nues, je crois, tant il semble précieux et délicat. Je ne brusque rien et j'attends que tu t'en remettes. Tu sais j'ai de l'attention pour toutes ces choses, les petites marques de gêne, je les collectionne et les considère déjà comme de bien agréables trophées.

Je suis patient et je ne dis rien, mon sourire ne faiblit pas, redouble un peu même car cela flatte mon égo. Tu récupères finalement les fleurs que j'ai soigneusement choisi, de jolies tulipes blanches et pourpres qui n’ont rien à envier aux roses. Je suis un peu déçu que tu ne m'invites pas à entrer une petite minute, au moins. Je suis curieux et je crois que j’aurais aimé connaître un peu de ces secrets que l'on cache. Alors quand tu t’en vas je pose ma paume contre le cadran de ta porte et je glisse la tête à l'intérieur, les yeux plissés. Et puis…

Non, je reviens à ma place initiale, ce n’est pas une très bonne idée. Cela nous ferait perdre du temps et je crois bien que nous avons déjà assez perdu. J’inspecte le couloir, comme pour vérifier que personne ne viendra nous observer. C'est un moment particulier, que je ne veux garder que pour moi seul. Tu sais, depuis que l’on s’est rencontré j’ai imaginé mille scénarii, mille situations aussi, mais à chaque fois j'étais persuadé que tout irait comme je le voudrais.

Tellement de secondes qui s'étirent, mes doigts tapotent mes cuisses, c'est un peu long c’est vrai. Tu réapparais, tout emmitouflé. Je lève les deux mains et je réajuste ton écharpe, le bout de mes pieds touchant les tiens. Voilà. C'est mieux ainsi, il fait un peu froid ce soir. Et là où je t'emmène tu seras bien heureux de l'avoir avec toi. Et peut-être que lorsque le moment viendra alors peut-être que cela te sera plus supportable. Mais tu ne dois surtout pas t'inquiéter je n'en suis pas à mon coup d'essai.

Et cela me fait rire un peu, alors je détourne les yeux pour camoufler cela par un peu d'embarras. Je me mets à ton côté et ma paume effleure ton dos. Oui, peut-être que je le ferai là, en premier. Parfait gentleman je te laisse passer en premier dans les escaliers, te tenant la porte et, quand je suis certain que personne ne nous verra plus je saisie ta main pour nous faire dévaler les escaliers. Sans faillir j'entremêle mes doigts avec les tiens et alors j’ai un aveu à faire : Ahhh ! Cela m’avait manqué. Les escapades à la nuit tombée. Et puis, puis, ces nuits lointaines où je peux enfin exprimer des sentiments et des envies.

Tu sais, tu sais. J'ai vraiment hâte de saisir ton regard, ton souffle, le dernier battement, avant, avant, avant.

Je pousse la porte de l’escalier, une nouvelle fois et c’est presque qu'à contrecœur que je lâche ta paume. Un peu plus froide que la mienne, mais je n’en suis pas certain, mes mains sont toujours gantées. Ma voiture est à quelques rues d’ici. Je précise, sans ciller une seule fois. Est-ce que tu es déjà allé sur la plage le soir venu ?

Parce que je peux te l’assurer. Ce sera je crois le plus bel endroit que tu n'as jamais et que tu ne verras jamais plus.


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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Mar 27 Fév - 13:35
Une histoire de belles paroles et de fleurs
Toujours ce détail, ce geste, ces mots. Toujours ce qui va te faire comprendre qu'il n'est pas comme un autre, qu'il est toujours bien plus, qu'il vaut plus que toi. Tu as un petit geste de recul. Pourtant tes pieds n'ont pas bougé, tes orteils recroquevillés c'est ton cou qui a tenté en vain de se carapater alors qu'il ajustait ton écharpe comme si tu étais un enfant.

Il a le soucis du détail, il veut s'occuper de tout et toi, tu ne sais même pas comment réagir. Tu es juste là, à le regarder faire quelques instants, tes yeux traduisant à la perfection le doute qu'il y avait en toi ou plutôt l'embarras constant que toutes ces attentions pouvaient provoquer. Il saisit ta main, tu te crispes un instant, ta salive difficilement avalée, tu as peur qu'il remarque ta température bien trop basse pour être normale. Non..non, calme toi. Il fait froid, tu n'as pas de gants, tu peux passer pour quelqu'un de frileux. Oui..oui, aujourd'hui ça le fera ainsi. Et pourtant, une petite partie de toi était persuadée qu'il savait déjà mais qu'il était bien trop poli, courtois et gentil pour le soulever.

Tu entends ses mots et tu caches juste un peu plus ton visage dans ton écharpe, cachant un sourire timide, là était sa réelle utilité. Vos mains se relâchent, tu relâches un peu tes épaules. Tu restais juste silencieux jusqu'à ce que finalement il te pose une question. Tu y réfléchis un instant. « Non, jamais. Je ne m'aventure pas vraiment la nuit. »

Menteur. Tu sortais très peu le soir, c'était vrai. Avant,
c'était vrai. Avant tout ça. Avant que tu ne sentes plus quoi que ce soit de vivant en toi. Avant qu'il n'y ait plus que ton cerveau qui fonctionne...avant que tout sur ton corps ne se déglingue si tu ne prenais pas ces fameuses pilules. « A vrai dire...je me balade rarement dehors. De mon propre chef en tout cas. » Parce que tu n'apprécies plus grand chose à la vie en extérieur. Ne parlons pas du soleil, ne parlons pas de ce sois-disant air frais. La chaleur...le froid. Tu n'arrives même plus à tout ressentir comme avant. Tu sens juste ton corps qui se meurt petit à petit. Les rares fois où tu sors sont les fois où tu vas pour..."faire les courses". Appelons ça ainsi.

« Ironiquement...ça fait longtemps que je ne me suis pas rendu sur la plage, de jour comme de nuit. » Ah...pauvre personne que tu es. Tu as le regard presque triste. Qu'es-tce que tu regrettes ta vie. Pas ta vie d'avant, non. Juste...la vie. Tu la regrettes si fort. Tu es mort. Supposé être mort. Et pourtant, ta tête est encore là, une partie en tout cas. Ton corps bouge, tu parles, tu sociabilises...tu mens.

Tu aurais tant aimé ne jamais avoir à mentir. Alors quoi ? On t'a offert une nouvelle "vie" sur cette île, une île où vous êtes tous dans la même cas de figure, où vous avez tous quelque chose à cacher.
Lui aussi, certainement. Peut-être était-il un alien qui aimait cette forme là. Tu ne voyais que ça. Il ne pouvait il y avoir que ça. Mais jamais,ô grand jamais, tu ne lui posera la question.
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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Mar 27 Fév - 18:26
Je relâche la porte et je me tiens à ton côté, comme j’ai pris l'habitude de le faire ces dernières semaines. J'ai pris le temps de te faire une cour presque exalté. Tu es étrange, je le sais, quand parfois tu donnes l’air de te demander si c'est bien à toi que je m'adresse. Et j’ai un peu de mal comprendre, tu sais, tu sais, pour c’est une évidence, qui d'autre pourrai-je ainsi dérober à la vie. Tenter de m’approprier de nuit. Pour des éternités de souvenirs sincères et doucereux. Comme un trésor que je garderai longtemps. Comme une nouvelle première fois, un nouveau départ. Avec toi.

Je t'écoute, avec beaucoup d’attention, je porte un intérêt aux mots, aux silences et aux pauses entrecoupés des regrets. Ta solitude a de quoi me ravit, tu sais, je n'aurais pas aimé avoir à me soucier des précédents, des erreurs à corriger. Peut-être que je ne devrais pas jouer autant les étonnés, car je t’ai observé bien avant de t'aborder, la première fois. Tu sais. J'ai étudié d’infinies possibilités avant de te choisir toi.

L'imperfection incarnée, l'air un peu négligé de tout et le regard incertain qui semble demander « pour qu’elle raison suis-je ici ? ». Antithétique, parfaitement, de ma personne. Mais ce sont les contraires qui m'attirent et je suis là. À chercher ne serait-ce qu’un peu plus d’attention ou de considération pour que je puisse en être comblé.
- Ce n'est pas grave. Je n’aime pas… sortir, moi non plus. Ou du moins. Pas seul.

Je m’arrête une nouvelle fois de marcher lorsqu'on arrive près de la voiture. Je t’ouvre la portière, toujours attentionné.

***

J’ai conduit prudemment, en silence jusqu’à notre destination. Je me suis peut-être risqué à quelques mondanités. Mais c’est à peu près tout. Je sors de la voiture après m'être garé prudemment. Je fais le tour de la voiture et j’ouvre la portière.

Je suis un peu inquiet, je dois le dire. Et c’est un mal dont j'ignorais encore l'existence. Je souffle :

- Je ne mentais pas quand je disais que cela faisait longtemps. Je n'ai… plus l'habitude pour ainsi dire, de pouvoir marcher la nuit aussi longtemps et aussi loin que je le veux. J'enlève mes gants, délicatement. C’est vrai. C’est vrai. La dernière fois j'étais encore adolescent et je ne me doutais pas qu’un jour mon ciel se réduirait à une minuscule cellule. Je lève la tête et je te tends la main et mon sourire perd un peu de vigueur quand j’avoue :

- Alors je ne suis pas très rassuré par les trop grands espaces.

Peut-être que c’est une excuse pour pouvoir te garder proche de moi. Ou me tenir à ton côté sans que tu ne te poses trop de questions quant à notre proximité. Je voudrai que ce ne soit qu’une excuse, mais je tourne le dos à l’horizon et un frisson parcours mon échine. Parfois j’ai peur que l'immensité du ciel m'engloutisse. Je baisse la tête, mes épaules aussi pour murmurer : Mais je suis sûr qu’il sera très beau ce soir, à ton côté.

C’est une certitude.
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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Sam 3 Mar - 3:32

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III

Encore et encore...toujours à le sentir si parfait et à te sentir si misérable à ses côtés. Quand est-ce que tu oseras lui dire ? Lui dire que tu es déjà mort. Lui dire que ce n'est qu'une question de temps avant que ton corps ne soit plus qu'un amas de chair putride et mal odorante.

Jamais.

Tu aimerais tant que cela soit si simple. Que tu lui dises tout. Que ça se finisse là. Que ça ne te fasse pas plus de mal que ça, ni à toi, ni à lui. Espoirs brisés avant même qu'ils n'existent. Mais toi, tu espères depuis le début que tout ça ne soit pas réel. Tout avant même qu'il n'entre dans l'équation.

Ça aurait été bien mieux que tu restes mort.

Tout le long du trajet tu as été perdu, la tête dans les nuages, les mains crispées, les lèvres massacrées par tes dents. Tu réfléchissais beaucoup trop à tout ça, profitant à peine de tout ce qui t'étais offert. Tu avais même mis un certain temps à réaliser que vous étiez à l'arrêt. Il a fallu l'ouverture de la portière pour te sortir de tes pensées.

Et tu l'écoutes, tu l'écoutes avouer encore une fois que cela lui avait manqué à lui aussi, cet air, ces balades.

Ca te manque toujours

Il y a de l'hésitation dans ta main, tu acceptes la sienne malgré tout. Plongeant ton regard à peine quelques secondes dans ses deux orbes avant de le détourner de plus belle. Tu n'y arrives vraiment pas. Ton regard fuira toujours. Ça a toujours été ainsi et jusqu'au bout, même après « la mort » ça continue.


« La foule...les grand espaces, je ne les affectionne pas vraiment non plus. A vrai dire...les espaces clos non plus. »
 Et ironiquement, la solitude te bouffe.

Les aveux continuent et toi tu les écoutes, tu les admires et les comprends si bien. La gêne grimpe de plus belle. Tu baisses la tête une fois de plus. Ta main commence à se crisper et tu le sens. Alors soudainement tu la contrôles, tu arrêtes, tu tentes de ne plus exercer de pression. Ah. Il l’a sûrement remarqué. Tu es pitoyable.

« Pourtant...beaucoup voient ça comme la liberté. Le ciel, l’horizon...les espaces qui sont presques interminables à vue d’oeil. »

Alors que Dédale n’est rien de plus qu’une prison. Et tu le sais. Forcé à “vivre” forcé à être coincé ici. A voir des horreurs, à être forcé d’en commettre. Tu prends une longue inspiration...peut-être avais-tu l’espoir de ressentir quoi que ce soit à ce moment. Mais rien. Pas même un frisson, pas même cette sensation d’avoir les poumons remplis d’un air pur, sain et frais. Ton cerveau restant bloqué à cette idée de putréfaction qui était bien réelle.

Tu commences à vouloir dire quelque chose, tu commences à vouloir lui avouer, sûrement. Ou peut-être était-ce pour lui demander la raison de sa présence ici, en premier lieu. Au final. Tu n’oses pas.

« Qu’est-ce que tu en penses...de tout ça ? Enfin...ce qui nous entoure ici. Les gens et leurs “particularités” ? »

Et tu as peur de la réponse.
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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Dim 4 Mar - 21:39
J'esquisse un sourire attendri lorsque tu récupères ma main, je serre fort tes doigts, un peu froid j'en conviens, mais j'imagine que tu es stressé. Et je voudrais que tu ne sois pas aussi tendu, que tu trouves une place auprès de moi. Ne penses-tu pas que mon approbation devrait suffire ? Mon pouce caresse ta peau avec douceur et je reste silencieux. J’écoute tes confidences, je les recueille avec beaucoup de reconnaissance. J'ai l’impression que le temps qui nous est imparti s'amenuise de plus en plus.

Je nous guide vers la plage, un regard vers l'horizon. Celui que tu commentes avec beaucoup de justesse. Tout ceci est tout de même loin de l’espace clôt dans lequel j’ai vécu seize années. Pourtant, pourtant, c'est trop immense. Trop grand. Et peut-être que le monde attend un simple moment d’inattention pour nous engloutir.

Tes doigts se contractent violemment, comme si tu voulais en limiter les mouvements. Et cela me peine. Je relâche ta main. J’affiche une mine blessée. Surtout quand tu me demandes ce que je pense de tout ceci. Un instant je me fige, peut-être me soupçonnes-tu. Et pourtant j’ai tellement tout fait pour que tu ne découvres rien de tout cela. Alors je m'arrête et je te force à me regarder. Je lève les deux mains pour saisir ton visage entre mes paumes impies.

- Est-ce que je te fais peur ? Je plonge mes yeux dans les tiens, je secoue la tête. Moi je n’ai pas peur de ce que tu es. De ce que tu as pu être. Et c'est vrai, que je m'en fiche. Tout le monde ici a quelques choses à cacher. Je comprendrai que tu ne veuilles pas en faire abstraction. Je relâche ton visage. Et je serai peiné vraiment de ne pouvoir te montrer tout ce que je voulais te montrer. Te dire tout ce que je voulais dire. Obtenir et conserver pour l'éternité.

Deux jolis yeux couleur de renouveau.

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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Dim 4 Mar - 23:10

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IV

Boom

Ton regard se fige, tout semble s'arrêter pile à l'instant ou tu sens ses mains sur ton visage. Cet instant où tu vois ce regard...Tu veux fuir. Tu veux tellement que cela cesse mais il t'a piégé, tu ne peux pas.

Est-ce qu'il te fait peur ?

Oh...terriblement. Il t'effraie. Ce qu'il représente actuellement dans ce que l'on peut dire "cœur" t’effraies terriblement. Et bien plus que tu ne veux l'admettre, tu le sais. Il affirme ne pas avoir peur de toi, de ce que tu as pu être.  Il ne sait pas...il ne sait pas. C'est impossible qu'il sache, qu'il ai compris. Il te prend encore pour un humain entier. Alors que tu n'es que des restes. Tu n'es même plus vivant, tu es juste une créature qui a encore toute sa conscience. « Non...non. Tu n'es pas le problème...C'est pas ça. C'est...différent. »

Longue inspiration. Tu essaies de remettre tes idées en place. Tu essaies si fort de songer à lui dire, à tout avouer. Bonsoir Beau, je suis une chose qui mange des cerveaux pour ne pas définitivement perdre la tête.

« Mais..je ne sais pas si je serai apte à dire quel est le soucis. Du moins...pas maintenant. »

Tu avais déjà du mal à l'accepter pour toi, pour ta personne. Alors quoi ? L'avouer là, maintenant pour briser d'avantage cette atmosphère. Non jamais.

Tu secoues ta tête brièvement. « Juste...excuse moi. Oublies ce que j'ai dit. C'était pas vraiment approprié. »

Un sourire purement gêné. Tu gigotes un peu sur place, tu essaies de chasser ces idées de ta tête et profiter de cet instant.

Oui...juste profiter.
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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Mar 6 Mar - 2:14
J’essaie vraiment de comprendre ce qui te contraries à ce point, je fais l’effort d’y mettre toutes mes ressources intellectuelles. Je me dis que la lune est belle, que la nuit est douce, que je n’ai pas été inconvenant, que je n’ai pas été odieux, j’ai même été absolument parfait. Je cherche dans tes yeux mon reflet comme pour vérifier que j’y suis bien, mais c’est vrai, c’est vrai, tu sais. On dirait qu’ils sont ombragés, préoccupés. Et c’est contrariant, tellement contrariant, parce que j’aime qu’ils soient clairs et absorbés par mon regard quand je ferai.

Attention, oui je porte de l’attention aux détails. Aux mots qui sortent de tes lèvres et comme toi j’en conclue que seules tes pensées te tourmentent. Parfois je voudrais pouvoir lire dans les pensées des autres et d’en excaver les plus subtiles secrets et conserver dans mon coeur toute l’attention qu’ils me portent. J’esquisse un sourire qui se veut rassurant, encore, puisque c’est tout ce que je peux faire.

– Archibald. Quoi que tu aies à me dire j’écouterai. Qu’il s’agisse d’un aveu de faiblesse ou d’amour. D’incompréhension ou de timidité. Je reprends ta main et je nous emmène plus proche de l’eau encore. À l’horizon aucun bateau venu livrer de nouveaux résidents. C’est la nuit idéale, vraiment, vraiment. Et personne ne viendra nous interrompre, non. J’aimerai que tu sois un plus charmé par ma présence, je voudrais vraiment que tu délaisses tout tes soucis. Je dis En attendant… et je nous arrête non loin, j’enlève mes chaussures, mes chaussettes, remonte mon pantalon au-dessus de mes mollets. J’enlève ma veste et je la dépose sur le sable.

– Tu es prêt ? Je demande, pour la forme et sans transition je te soulève, les bras autour de tes cuisses pour te mettre sur mon épaule sans trop d’effort. Arrête de gigoter je vais finir par te lâcher dans l’eau tout entier. Je dis, l’air visiblement amusé. Arrivé près de l’eau, j’avise la lune. Je sais qu’il est dangereux de s’aventurer trop loin dans l’eau, à cause des créatures sous-marine qui y pullulent,mais je m’avance tout de même jusqu’à ce que mes chevilles disparaissent à la surface. Je lève la tête et je demande : Alors. Est-ce qu’un bain de minuit te tente. Malgré la saison. Malgré le froid. Ou tu préfères rester au sec ?
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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Mar 6 Mar - 2:48

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V

Quoi que tu aies à lui dire...il t'écoutera. Ah...Non, non..rien de tout cela n'est aussi facile, tu le sais, Beau, ne le sais pas. Rien. Tout devient compliqué dans ta tête, la moindre chose. Il reprend ta main, tu es surpris, tu te laisse -une fois de plus- embarquer. Il s'arrête. Il retire sa veste...ses chaussures, chaussettes. Remonte son pantalon. Et te voila bêtement à te demander ce qu'il avait bien l'intention de faire. Voila qu'il ne te laisse même plus le temps de réfléchir. Un hoquet de surprise qui se perd. Tu fermes les yeux, comme un crétin. Et tu t'accroches un peu à lui, tes mains sur ses épaules que tu serres un peu. Pas trop non plus, tu sais encore te contrôler.

Et puis là tu comprends. Alors tu gigotes un peu, peut-être même un peu trop. Ça l'amuse...ça t’embarrasse. Tu te calmes le temps d'un instant en priant tu-ne-sais-quel-dieu pour qu'il te redispose là. Sauf que tes yeux se sont ouverts et tu vois l'eau sous vos pieds.

Et te voila à paniquer de plus belle. Peut-être même as-tu lâché quelques petits sons peu courageux pendant que tu t'accrochais d'avantage à lui. Et puis...tes pensées défilent beaucoup trop vite pour que tu puisses réellement réfléchir à quoi que ce soit. « ATTENDS !! ATTENDS, BEAU ! Je..je sais pas nager ! C'est..je..»

Et tu paraissais soudainement encore plus idiot. Parce qu'il n'y avait rien d'autre que ses chevilles qui étaient sous l'eau. Tu te sentais idiot et cette excuse était aussi un mensonge. En quelques sortes. Mais tu n'avais pas vraiment envie d'attirer les charognards sous l'eau. Et ô...tu savais à quel point il y en avait un paquet. Et tu en avais terriblement peur. L'eau, la mer, la chaleur, tout ça, c'était devenu des belles sources de peur chez toi. Justifiées, bien évidemment. Et amplifiées encore plus.

« Et c'était complètement idiot de hurler ça. »
Tu souffles, tu respires. Tu te calmes petit à petit. Et pouf, te voila à lâcher un gloussement gêné. « C'est surtout que...j'ai pas mal peur de l'eau...Pour ne pas dire complètement. »

Ton corps est toujours un peu crispé, tu as carrément peur de tomber dans l'eau. Pourtant, tu sais très bien que l'effet ne sera pas immédiat. Mais pour rien au monde tu ne voulais avoir tes habits mouillés. Pour rien au monde tu ne voulais qu'il y ait une chance de plus pour qu'il puisse voir ou deviner.

Paranoïa quand tu nous tiens.

« C'est complètement ridicule comme situation. Et puis...je dois pas vraiment être léger non plus. » Tu disais ça, presque entièrement détendu, presque sur le ton de la rigolade. A croire que cette petite frayeur de quelques secondes t'as suffisamment brusqué pour que tu t'ouvres un peu plus.

Et ton corps, progressivement se décrispe un peu plus. Tes mains ne se séparent pas de lui mais ne sont plus fermement agrippées. Tout devient bien plus léger. Bien plus tendre.  
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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Mar 6 Mar - 19:19
J’avance en mimant un air de mes lèvres, sans me soucier de tes protestations vaines. Je sais que ma beauté te perturbe et te fait sans doute à cause de la panique, notre proximité. Oh, comme je peux comprendre. Je pouffe un rire qui se veut discret et je nous emmène toujours plus loin, faisant fi de tes aveux, comme si je voulais te montrer qu’il n’y avait rien à craindre de l’eau tant que je serai là.

Et c’est vrai que c’est un peu ridicule, évidemment, je suis heureux pourtant que cela te déstabilise assez pour que tu arrêtes d’être contrarié. De me contrarier. Je tapote l’arrière de ta cuisse avec délicatesse quand tu parles de ton poids.

- J’en ai déjà soulevé des poids morts, ne t’en fait pas.

Je m’exclame, un peu goguenard. Peut-être qu’il y a un peu trop de vérité là-dedans et que ma nature s’exprime plus que je ne le voudrais quelque part. Mais tu me donnes envie d’être honnête, à cet instant, comme je voudrais que tu le sois entièrement avec toi. Je nous ramène vers la plage, avec prudence et je dépose sur le sable, au sec, tandis que je reste moi les deux pieds dans l’eau. De cette façon nous sommes le plus proche et le plus éloigné que nous n’ayons jamais véritablement été.

– Est-ce que tu t’amuses un peu, au moins ? Je susurre délicatement, perdant mes yeux dans les tiens, un instant. Je me détache pourtant et je lève la tête pour pouvoir te désigner la lune. C’est peut-être le moment que j’attendais. Elle nous regarde et peut-être qu’elle sait qu’il est temps. Et si tu devais mourir maintenant, quel souhait formulerais-tu? Oh, je suis doucereux, véritablement curieux, même. Et peut-être que je veux savoir pour l’exaucer, une fois. Ultime et céleste.
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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Mar 6 Mar - 23:26

fleurs & belles paroles
I'm looking for a place to start and everything feels so different now.

water up to my knees. but sharks are swimming in the sea.

VI

Tu te pinces les lèvres alors qu'il prononce des mots qui t'inquiètent. Te voilà à craindre de nouveau, tu hésites entre un simple hasard ou le fait qu'il soit au courant, qu'il ai deviné. Tu ne réponds pas, tu chasses toutes tes pensées de ton esprit et tu souris juste.

Il fait demi-tour, tu le sens te ramener vers le sable. Te voila déposé et te surprenant toi-même à être en quelques sortes déçu que cela soit fini. Tu ne te comprend plus. Ce que tu pensais ne pas aimer, tu le regrettes déjà. Tu regrettes juste cette sensation de sécurité qu'il t'avait fourni le temps d'un instant. Le temps de te sentir au dessus d'une de tes nombreuses peurs et d'oublier le reste.

Et puis sa question te surprend un peu. Tu tiens son regard, tu t'y perds complètement et pour une fois...tu ne le détournes pas. Un rire gêné s'échappe. « Oui !! Oui ! Bien sûr. Même si je ne suis pas vraiment expressif...c'est le cas. Je t'assures. » Alors qu'il lève les yeux vers le ciel, tu perds ton regard vers l'horizon qui se trouve derrière lui. Profonde inspiration, tu avoues. « Pour être franc...c'est peut-être bien la première fois que je passe une telle soirée. » Et tu ne veux pas que cela se termine. Oh..non, pour rien au monde tu veux que tout cela s'arrête.

Et là..il y a cette question. Elle te prend "aux tripes". Tes mains se serrent et ton regard dévies de nouveau sur le côté cette fois-ci. Tu fixes la ville. Il y a tant de choses que tu voudrais. Mais le contexte changerait entièrement...peut-être n'aurait jamais-tu rencontrer Beau. Non, jamais tu ne l'aurais connu si "tout ça" n'était pas arrivé. Et tu te concentres sur l'instant présent. Tu fourres tes mains dans tes poches, cache un peu ton visage avec ton foulard, dissimulant ton sourire qui ne s'est toujours pas effacé depuis plusieurs minutes maintenant. « C'est idiot..et sûrement simple mais..je voudrai juste que rien de tout ça ne s'arrête. Que cela reste ainsi. Qu'on puisse...rester ainsi à profiter de tout sans que qui que ce soit ne nous interrompes. »

Parce qu'il t'as offert cet instant de "vie" que tu n'as jamais connu avant. Et tu veux t'y accrocher...ne jamais le laisser partir.
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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald Ven 9 Mar - 1:03
Je me sens devenir impatient, tu sais, le moment arrive, il est là. Peut-être que tu ne le comprends pas encore, mais les minutes à venir seront décisives. Alors je ne perds pas une seule seconde, je t’offre absolument mon intention, j’observe tes paupières se plisser de bonheur, tes joues se creuser un peu comme j’imagine un sourire doux orner ton visage. Je lève une main pour caresser presque trop tendrement tes cheveux. Je me sens nostalgique tu sais. La première demoiselle que j’ai emmené au clair de lune te ressemblait un peu. Elle avait cet air juvénile sur le visage, les yeux d’une tristesse cataclysmique. Elle ne pleurait pas réellement, elle parlait peu, elle était douce et sa main tremblait dans la mienne lorsque je l’étreignais. Elle avait un rire plein de douceur, mais parfois elle tournait la tête comme pour vérifier qu’elle avait vraiment le droit d’être là.

Je me souviens aussi de ce moment indécis, à chercher dans ses yeux des émotions à copier, des petites mimiques, des choses qui me donnaient l’air un peu plus humain. Et c’est peut-être ce manque d’humanité, cette apathie qui lui donnait envie de m’enlacer. Je peux te le confier à toi, même si tu n’y entendras jamais rien, mais je n’ai jamais été très chanceux avec les femmes. Peut-être à cause de ma mère, des marques qu’elle me laissait sur le dos quand il lui arrivait de trouver… Enfin. Ce n’est pas là le propos. Elle s’appelait Alice. Pas ma mère, mais l’autre fille. Qui n’en était plus une. Et si je l’ai aimé, si je l’ai adoré, avec sincérité, je n’ai pas même pu m’empêcher de vouloir sublimer tout ceci. J’ai voulu lui montrer à quel point mon amour pour elle serait éternel…

C’est ce que je m’apprête à refaire la même chose avec toi, ce soir.

musique ••• Alors vois comme mon sourire est heureux, presque sincère quand tu dis que tu voudrais que rien de tout ceci s’arrête. Moi aussi. Je souffle, avec délicatesse, je viens saisir ta joue, d’une main et je me penche en avant. Archibald. Je dépose ton nom sur la pointe de ton menton, d’abord, presque timoré, tandis que mon autre main s’évade à l’arrière de ma ceinture. Je remonte ma bouche pour embrasser le coin de tes lèvres, avec une douceur mesurée, que tu puisses tourner ton visage vers le mien.

Je place le bout de mes doigts sur tes hanches. Et je remonte délicatement, tandis que mon autre incline un peu plus ton visage. J’expire, presque nerveux. Après seize années de solitude, je me sais un peu anxieux. Je ne voudrais pas te déplaire. Pas maintenant.

Ma bouche coule vers la tienne. Un baiser carmin tout contre. J’ai si soif, ne le comprends-tu pas ? J’entrouvre les lèvres, vais retrouver les tiennes, possessif… Et je ne cache même plus ma fougue, ni même mes ambitions. Non, non, non, j’ai tellement attendu.

Je crois que c’était un mensonge, tu sais ? Je ne l’ai jamais aimé. Pas une heure. Pas une minute. Pas une seconde. Je voulais son amour, je voulais l’éternité de son adoration, qu’elle ne puisse plus jamais, jamais, jamais. Aimer. Aimer. Aimer. Je n’ai même pas haïs. Je n’ai même pas détesté. Tout est d’une écœurante banalité. La vérité se cache dans l’écrin de mon cœur qui ne contient rien, pas même de palpitation véritablement ennuyées. Alors dis-moi, dis-moi, dis-moi est-ce que je ressentirai quelque chose avec toi ? Je mords ta lèvre.

J’ai levé mon couteau ce soir-là comme je le fais à présent. Tu sais, tu sais, tu sais. Je pourrai mentir et dire pour te réconforter que tes yeux de chien battu m’ont attirés. Tu sais, tu sais, tu sais, qu’il n’en est rien. Pas une heure. Pas une minute. Pas une seconde.

Alors je l’ai frappé d’un cou sec.

Et mon couteau dans ta chair. Ta chair. Ta chair. Ma chair. Tes yeux. Tes yeux. Mes yeux.

Je voulais son éternité. Je voulais la tienne.



Et je devrais en être transporté. Sentir ton corps faiblir, s’écrouler.

Mais non. Non. NON. N O N.

Voilà qui est fâcheux. Et je mesure à peine mon AGACEMENT. Non. Non. Non. J’expire. Enlève le couteau de ton dos et sans te laisser le temps de te remettre je t’assène un coup à la mesure de ma violence sur la tempe.
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MessageSujet: Re: Boum boum boum × Archibald
Boum boum boum × Archibald
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